Les membres de la Commission d'enquête internationale sur les violations des droits de l'homme en Syrie sont de passage à Paris. Son président, Paulo Sergio Pinheiro, accompagné de Carla del Ponte, Karen Abou Zayd et Vitit Muntardbhorn, nous a expliqué que son rapport, qui sera rendu public le 4 juin prochain, était "terrifiant" .

"L'échelle des crimes est plus grande du côté du régime, mais la cruauté est aujourd'hui la même entre les insurgés et le régime," constate-t-il. Carla del Ponte est encore plus directe : "Je n'ai jamais vu un niveau d'horreur pareil même pendant la guerre des Balkans. C'est pire!"

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On connaissait la machine de guerre du régime (torture, bombardement de civils, largage de barils de dynamite sur des maisons, etc), mais ce qui est désormais flagrant, c'est que les rebelles utlisent des méthodes tout aussi barbares.

"On a cru que les rebelles étaient des anges de la démocratie, ce n'est pas vraiment ça", constate Paulo Sergio Pinheiro, qui ajoute que tout s'aggrave sur le terrain : sectarisme, radicalisation, escalade des violences et atteintes aux droits de l'homme.

Pour lui, la seule solution est de s'asseoir autour d'une table de négociation :"ce n'est pas quelque chose de magique, mais ça peut être un processus," poursuit Paulo Sergio Pinheiro. En tout cas pour lui, armer les rebelles comme veut le faire l'UE n'est pas une bonne idée -"comment distinguer les bons rebelles des mauvais ?" - car cela éloigne de la diplomatie constructive.

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