C'est à un bel exercice de rétropédalage que vient de se livrer François Hollande sur la Syrie. Le 15 mars dernier à Bruxelles, le chef de l'Etat exhortait l'Union européenne à lever l'embargo sur les armes à l'opposition syrienne le plus rapidement possible.

En cas de refus de l'UE, "la France prendrait alors ses responsabilités." La France laissant même entendre, avec la Grande-Bretagne, que feu vert ou pas des 27, elle livrerait alors des armes aux insurgés.

Deux semaines plus tard, lors de son intervention sur France 2, François Hollande a fait machine arrière toute ! Il n'y aura pas de livraisons d'armes "tant que nous n'aurons pas la certitude qu'il y a aujourd'hui un contrôle total par l'opposition de la situation (...) Pour l'instant, nous ne l'avons pas." Et ce n'est pas près de changer vu le chaos qui règne entre groupes armés.

Que s'est-il donc passé ? D'abord, l'opinion française est contre une telle initiative à 61%, selon un récent sondage IFOP. Certains partenaires européens, comme l'Allemagne, sont très réticents. Washington n'est pas non plus très emballé à l'idée d'armer les rebelles.

Cette volte-face de l'Elysée contribue en tout cas à brouiller la ligne diplomatique française. Pour les insurgés, la France promet beaucoup... mais finalement refuse de sauter l'obstacle. Pour le régime de Bachar Al-Assad, les tergiversations de Paris montrent l'embarras des Occidentaux dès qu'il s'agit de passer à l'acte. Paris perd dans les deux cas...

Récemment, un diplomate au Quai d'Orsay affirmait que "la France disposait d'une bonne cartographie des groupes armés, on sait qui fait quoi et où." François Hollande vient de dire le contraire. C'est ennuyeux au moment où l'opposition syrienne s'entredéchire. La diplomatie française a certainement besoin de moins de réthorique mais surtout de plus de clarté et de réalisme.

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