"Si Kobané tombe, tout le monde sera responsable" , avertit Salih Muslim Mohamad, chef du PYD, le parti de l'Union démocratique, la version syrienne du PKK. Il est à Paris pour tenter de convaincre les autorités françaises de fournir aux kurdes de Kobané de l'armement, notamment des missiles anti-chars qui font cruellement défaut aux défenseurs de la cité assiégée.

"Les frappes de la coalition sont utiles mais pas suffisantes , poursuit-il à l'occasion d'un point de presse. Si nous obtenons des armes anti-blindés, nous pourrons faire face aux jihadistes à moindre coût." Officiellement, le chef du PYD n'a pas de contacts directs avec les autorités françaises. Pour le moment, seuls les Britanniques ont reçu officiellement une délégation du PYD. Une fois de plus, la diplomatie française est difficile à suivre : Paris a livré des armes aux kurdes d'Irak mais pas aux kurdes de Syrie qui combattent le même ennemi. Comprenne qui pourra !

Les kurdes syriens s'approvisionnent sur le marché noir pour acheter des armes. Leur problème, c'est qu'ils doivent non seulement lutter contre les djihadistes de l'organisation Etat Islamique mais aussi traiter avec les Turcs qui jouent double jeu. "Nous avons des doutes sur le rôle de la Turquie, affirme Salih Muslim Mohamad. Ils nous ont fait des promesses. Ils n'ont pas tenu parole." Symbole de cette mauvaise volonté d'Ankara : les forces de sécurité turques empêchent les jeunes Kurdes de repasser la frontière pour aller prêter main forte aux assiégés de Kobané.

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