Quand les Super-Etendards français frappent le 17 novembre 1983 à Baalbek une caserne du groupe Amal Islamique, une organisation de l'axe Téhéran-Damas, il s'agit d'une punition, presque d'une vengeance.Le groupe est soupçonné d'être l'instigateur de l'attentat contre Drakkar.

Quelques semaines plus tôt à Beyrouth, le QG Drakkar du contingent français de la Force multinationale d'interposition (FMI) est pulvérisé par une voiture piégée. Jamais l'armée française n'a connu une perte humaine aussi lourde dans l'histoire récente : 58 soldats sont tués dans l'attentat.

Quand on discute avec des militaires français sur d'éventuelles frappes contre des cibles du régime syrien, l'affaire de Baalbek revient vite dans la conversation. Avec un rappel amer : "quand les avions ont frappé la caserne de Baalbek... elle était vide !" se souvient l'un d'entre eux. Un berger qui se trouvait dans les parages sera la victime expiatoire de la colère de François Mitterrand.

Trente ans plus tard, l'idée de frappes punitives refait surface. Cette fois-ci il faut punir Bachar Al-Assad. Les militaires français sont sceptiques : pas d'effet de surprise, et sans doute comme en 1983, les cibles visées seront vides ou sans intérêt.

Et puis, il y a les buts de guerre : des frappes pour quoi faire ? Punir oui, mais après ? "Et si le régime utilise de nouveau l'arme chimique, que ferons-nous ?" s'interroge un militaire. C'est peu dire que de nombreux cadres de l'armée française ont poussé un ouf de soulagement après l'arrêt du compte à rebours des bombardements programmés. Le "syndrome de Baalbek" sans doute...

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