Officiellement sur la crise syrienne, la diplomatie française n'a pas changé de ligne depuis l'alternance politique de mai dernier. Sanctions économiques et isolement politique restent les deux points d'action prioritaires. Là où les choses commencent à changer, c'est sur la prise en compte du verrou russe.

Depuis les printemps arabes, Nicolas Sarkozy et son ministre des affaires étrangères, Alain Juppé, ont braqué Moscou. Les Russes ont eu le sentiment (partagé par les Chinois d'ailleurs) que sur le dossier libyen, les Occidentaux leur avaient imposé une lecture très extensive de la légalité internationale : l'établissement d'une "no fly zone" au dessus du territoire libyen s'est transformé en opération militaire de l'OTAN. Depuis des mois, la diplomatie française stigmatise la complicité russe qui ferme les yeux sur les atrocités commises en Syrie. Sauf que cette réthorique est devenue contre-productive.

Aujourd'hui, François Hollande et son équipe diplomatique cherchent donc à développer une nouvelle posture vis-à-vis de la Russie, comme nous l'a expliqué un diplomate : "l’idée c’est de convaincre les Russes que personne ne souhaite l’arrivée des islamistes extrémistes au pouvoir à Damas. Au plan diplomatique, il faut partir de points qui nous rassemblent comme celui-là et ensuite construire là-dessus. Il ne faut pas braquer les Russes comme on l’a fait jusqu’à présent. C’est un pays important. Sur ce point, Hollande va infléchir la ligne française."

Autre idée que les Français veulent faire passer auprès de la direction russe : il n'y aura pas de scénario à l'irakienne version Georges Bush, c'est-à-dire une destruction complète de l'Etat qui a ensuite donné lieu à une guerre civile. Pour notre diplomate, il s'agit de vendre l'idée d'une épuration "d'environ 200 responsables du régime, tout en gardant les structures de l'administration et de l'armée." Donc pas de grande lessive qui anéantirait l'influence de la Russie en Syrie. Reste à savoir comment ces idées seront reçues à Moscou. Premières indications à l'occasion du dîner de travail à l'Elysée Hollande/Poutine.

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