Le drapeau de l'organisation de l'État islamique à l'est de Kobané
Le drapeau de l'organisation de l'État islamique à l'est de Kobané © Reuters / Umit Bektas

Des membres de l'organisation État islamique ont hissé leur drapeau noir sur un bâtiment de l'est de la ville kurde de Kobané, convoitée par les deux camps depuis trois semaines. Les défenseurs de la ville assurent qu'ils contrôlent encore le centre.

C'est un pavillon noir que l'on peut voir depuis la frontière turque, et pour les combattants kurdes qui défendent la zone depuis près de trois semaines, il est de mauvais augure. Les affrontements se sont intensifiés depuis plusieurs jours et les combattants djihadistes semblent désormais contrôler une partie de la ville de Kobané. Leur drapeau flotte au-dessus d'un bâtiment de quatre étages proche des combats les plus rudes.

Le récit sur place de notre envoyé spécial Omar Ouahmane

De source kurde à Kobané, on confirme que des djihadistes de l'EI avaient bien planté un drapeau, tout en ajoutant que les forces kurdes avaient jusqu'à présent repoussé leur progression. Des témoins sur place assurent que les affrontements pour le contrôle de la ville sont loin d'être terminés.

Ils ont seulement hissé un drapeau sur un bâtiment de la partie orientale de la ville. Ce n'est pas à l'intérieur même de la ville, mais dans sa partie orientale. Ils (les hommes de l'EI) ne sont pas à l'intérieur de la ville. Des combats acharnés se poursuivent. Durant la journée, les combattants de l'EI réussissent à certains moments à gagner du terrain, mais l'YPG (forces de défense kurdes) les repousse. Il y a des affrontements dans le secteur, mais les djihadistes ne sont pas à l'intérieur de la ville.

Une zone jusqu'ici épargnée

Les djihadistes se sont rapprochés de la ville ces derniers jours en dépit des frappes aériennes menées contre ses positions par les Etats-Unis et leurs alliés arabes. Des obus de mortier sont tombés sur des quartiers d'habitation de Kobani et des tirs ont même atteint le territoire turc voisin.

L'offensive des djihadistes en direction de Kobani a poussé à l'exode en Turquie autour de 180.000 Kurdes syriens.

Jusqu'à récemment, la ville avait été épargnée par la guerre civile qui ravage la Syrie depuis 2011, et elle était même devenue un havre pour réfugiés fuyant les combats dans le reste du pays. Le président syrien Bachar al Assad avait choisi de laisser à la population kurde une quasi-autonomie.

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