Des inspecteurs de l'Onu se sont rendus lundi dans la banlieue est de Damas où des armes chimiques auraient fait des centaines de morts. Selon un porte-parole de l'Onu, ils ont été pris pour cible par des tireurs embusqués.

Selon le communiqué de Martin Nesirky :

Le premier véhicule de l'équipe d'enquête sur les armes chimiques a été délibérément touché à plusieurs reprises par des tirs de snipers non identifiés

Damas accuse les rebelles d'avoir tiré sur les inspecteurs de l'ONU. C'est en tout cas ce que dit la télévision syrienne... Mais les rebelles, eux, accusent les milices, faborables au régime.

l’onu va inspecter le site de l'attaque chimique présumée en syrie
l’onu va inspecter le site de l'attaque chimique présumée en syrie © reuters

Les autorités syriennes ont donné leur feu vert dimanche à l'inspection du site. Les Etats-Unis et leurs alliés jugent toutefois cette autorisation tardive et craignent que les preuves n'aient disparu sous les bombes qui ont continué à s'abattre sur le secteur au cours des cinq derniers jours. Vêtus de gilets pare-balles aux couleurs de l'Onu, les experts ont quitté le centre de la capitale à bord de six voitures escortées par un véhicule des services de sécurité et une ambulance, a constaté un correspondant de Reuters. Ils ont pris la direction de la Ghouta orientale, où un gaz neurotoxique a fait de 500 à un mlilier de morts, mercredi matin, selon l'opposition.

Les précisions de Bertrand Gallicher.

Une tentative de cessez-le-feu pendant l'inspection du site

Selon les Nations unies, Damas a accepté le principe d'un cessez-le-feu pendant l'inspection du site . Les rebelles de la Ghouta ont également promis de suspendre leurs opérations et plusieurs brigades ont offert leur protection aux inspecteurs. Les appels en faveur d'une initiative militaire se multiplient depuis mercred i et tous les regards sont tournés vers les Etats-Unis, où Barack Obama a parlé il y a un an de "ligne rouge" à ne pas franchir au sujet des armes chimiques. La Russie, dernier allié de poids de la Syrie et aussi son premier fournisseur d'armes, soupçonne ouvertement les insurgés d'avoir eux-mêmes eu recours aux armes chimiques pour déclencher une réaction internationale et juge que toute conclusion hâtive en ce qui concerne les auteurs du bombardement de mercredi serait "une tragique erreur".

Le ministère russe des Affaires étrangères a dit redouter un recours à la force de la part des Etats-Unis, qu'il a invités à ne pas céder aux "provocations". Exprimant son hostilité à l'emploi d'armes chimiques, la Chine a quant à elle apporté son soutien à une enquête indépendante et objective. Quant à l'Iran, qui soutient fermement le régime baassiste, il a lui même tracé sa "ligne rouge" dimanche, menaçant l'administration Obama de "graves conséquences" en cas d'intervention militaire en Syrie.

Les menaces de la Russie, par Pierre Ludwig

Hollande s'est entretenu avec Obama et Cameron

françois hollande évoque la syrie avec des dirigeants occidentaux
françois hollande évoque la syrie avec des dirigeants occidentaux © reuters

François Hollande a évoqué dimanche par téléphone la situation en Syrie avec plusieurs dirigeants occidentaux, dont le président Barack Obama, a annoncé l'Elysée. Le président français a déclaré à son homologue américain que "tout concordait pour désigner le régime de Damas comme l'auteur de ces attaques inacceptables" , a dit l'Elysée, faisant allusion à l'attaque chimique présumée près de Damas mercredi dernier.

Dans un communiqué, la Maison blanche a précisé par la suite que les deux hommes " ont discuté de réponses possibles par la communauté internationale et convenu de nouvelles consultations étroites". Quelques heures plus tôt, samedi soir, David Cameron avait eu un entretien téléphonique avec Barack Obama sur la Syrie, et les deux hommes étaient convenus de se consulter concernant "les possibilités de riposte de la communauté internationale", avait dit la Maison blanche.

François Hollande et le Premier ministre britannique, David Cameron, ont eux aussi "convenu de se consulter dans les plus brefs délais sur les réponses à apporter à cet acte intolérable ", indique l'Elysée en faisant allusion là de même à l'usage présumé d'armes chimiques à la périphérie de Damas.

François Hollande s'est également entretenu avec la chancelière allemande Angela Merkel . D'après l'Elysée, les deux dirigeants " ont dénoncé l'utilisation effroyable des armes chimiques.". Il a également parlé avec le Premier ministre australien Kevin Rudd, dont le pays doit assumer la présidence tournante du Conseil de sécurité des Nations unies en septembre.

Les Américains majoritairement hostiles à une action

Barack Obama perprexe quant à la réaction aux exactions du régime syrien
Barack Obama perprexe quant à la réaction aux exactions du régime syrien © REUTERS/Jason Reed

Quelque 60% des Américains interrogés pour un sondage Reuters/Ipsos se disent hostiles à une intervention des Etats-Unis en Syrie même si les allégations d'attaque chimique par le régime de Damas étaient avérées.

Neuf pour cent seulement des personnes interrogées dans cette étude, réalisée entre le 19 et le 23 août -soit après le raid présumé du faubourg damascène de la Goutha survenu le 21 août au matin-, pensent que le président Barack Obama se doit d'agir.

Dans le détail, un Américain sur quatre interrogé dans ce sondage apporterait son soutien à une intervention américaine en cas d'attaque à l'arme chimique par le chef de l'Etat syrien dirigée contre des civils. Ils seraient 46% à s'y opposer.

Ce soutien à une action militaire marque une baisse par rapport au sondage Reuters/Ipsos du 13 août, qui donnait une proportion de 30,2% d'Américains favorables à une intervention et de 41,6% de personnes hostiles. Le dernier sondage a été réalisé alors que les premières images, souvent poignantes, de victimes du raid présumé diffusées par des agences proches de la rébellion, commençaient à faire le tour du monde.

Par ailleurs, le président du groupe républicain à la commission des Affaires étrangères du Sénat, Bob Corker, a déclaré dimanche croire que le président Barack Obama demanderait au Congrès l'autorisation d'intervenir en Syrie dès la fin, le 9 septembre, des vacances parlementaires.

> Pour Bernard Guetta " Les Occidentaux réagiront en Syrie"

L'eurodéputé UMP Arnaud Danjean, spécialiste des questions militaires est l'invité du journal de Claire Servajean.

Je ne vois pas comment il pourrait y avoir la moindre intervention sans les Etats-Unis

La Russie appelle les USA à la retenue

Bachar Al Assad
Bachar Al Assad © Radio France

La Russie s'inquiète fortement d'une éventuelle intervention militaire des Etats-Unis en Syrie après une attaque chimique présumée mercredi dernier près de Damas, indique le ministère russe des Affaires étrangères, lundi. Sergueï Lavrov, le chef de la diplomatie russe, a eu une conversation à ce sujet avec le Premier ministre anglais, David Cameron, et le secrétaire d'Etat américain John Kerry. Il a appelé ce dernier à faire preuve de retenue dans cette affaire. Selon un communiqué du ministère russe des Affaires étrangères :

Le ministre (Lavrov) a insisté sur le fait que les déclarations officielles faites par Washington au cours des derniers jours précisant que les forces armées américaines étaient prêtes à 'intervenir' dans le conflit syrien ont été accueillies par Moscou avec une profonde inquiétude.

De son côté, le président Bachar al Assad a démenti les accusations des pays occidentaux concernant l'usage par l'armée syrienne d'armes chimiques . Selon lui, ces accusations obéissent à des motifs politiques destinés à justifier une intervention armée américaine en Syrie. Bachar al Assad, cité par lequotidien russe Izvestia :

Un échec attend les Etats-Unis comme dans toutes les précédentes guerres qu'ils ont déclenchées, depuis le Vietnam jusqu'à aujourd'hui.

Des armes chimiques en Syrie
Des armes chimiques en Syrie © Radio France
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