L'ultimatum donné par les forces kurdes aux djihadiste de l'Etat islamique, pour se retirer de la ville, expire ce samedi

combattants des Forces démocratiques en Syrie à l'intérieur d'un bâtiment près de Manbij
combattants des Forces démocratiques en Syrie à l'intérieur d'un bâtiment près de Manbij © Reuters / Rodi Said

Les Forces démocratiques syriennes (FDS), une alliance de combattants kurdes et arabes, ne cessent de gagner du terrain à Manbij, ville contrôlée par l'organisation Etat islamique dans le nord de la Syrie, parvenant à moins d'un kilomètre du centre-ville. Les FDS, qui sont soutenues par les frappes aériennes de la coalition anti-Daech, dirigée par les Etats-Unis, ont lancé début juin leur offensive sur Manbij en espérant ainsi couper l'accès de l'EI au territoire syrien le long de la frontière turque et ont dû faire face ces derniers jours à plusieurs contre-attaques des partisans d'Abou Bakr al Baghdadi.

Les forces kurdes ont annoncé jeudi qu'elles donnaient 48 heures à l'organisation djihadiste pour se retirer de la ville, un ultimatum qui expire aujourd'hui samedi. Mais derrière cette bataille qui a commencé le 31 mai derrière, il y a un enjeu géopolitique : la création d'une zone autonome kurde dans le nord de la Syrie.

Située entre la frontière turque et Raqqa, la capitale syrienne du califat, la localité de Manbij est une position clé du groupe Etat islamique. Elle se sert de plaque tournante aux djihadistes, explique Fabrice Ballanche, spécialiste du conflit syrien auprès d'un think- tank américain.

Les djihadistes arrivent depuis la Turquie, Manbij était la ville à partir de laquelle il se dispatchaient soit à Raqqa soit Alep. Il reste plusieurs dizaines de milliers de civils derrière lesquels s’abritent les combattants de l’état islamiques dont il est impossible de bombarder avec l’aviation ou même l’artillerie lourde. Il faut avancer maison par maison et Il faut faire attention aux attentats suicide si on investit un immeuble un djihadiste peut se faire sauter.

Derrière cette bataille, il y a la question kurde, car la ville est arabe et les habitants ne voient pas d'un bon œil les peshmergas qui assiègent Manbij. Mais pour les combattants kurdes, la route de l'unification de la Rojava, c'est-à dire les provinces kurdes de Syrie, passe par Manbij

*Fabrice Ballanche
*Les Kurdes veulent rejoindre le territoire kurde qui se trouve à l’ouest d’Alep. Pour pouvoir unir leur territoire, il faut qu’ils annexent la poche de Manbij.

Forcément, la Turquie est vent debout et s'inquiète de la progression des Kurdes qui poussent leurs pions en vue de constituer une région autonome en Syrie. Un scénario catastrophe pour Erdogan.

Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.