En coulisses, les diplomates français ne cachent pas leur inquiétude devrant le risque de contagion de la crise syrienne au Liban. Les effets négatifs commencent à s'accumuler : violences, certes très localisées mais récurrentes, entre sunnites et alaouites de Tripoli, désertion cet été des touristes des pays du Golfe, difficulté pour exporter les produits agricoles via la Syrie, et surtout arrivée de réfugiés syriens qui seraient 30 000 selon l'ONU. Et puis, Paris craint aussi pour la sécurité des casques bleus français stationnés dans le sud du pays.

De passage à Beyrouth, j'ai rencontré plusieurs responsables politiques libanais dont un des principaux leaders chrétiens. "Nous sommes pour la démocratie mais pas pour les Frères musulmans," nous a-t-il expliqué. S'ils arrivaient au pouvoir à Damas, ce serait une catastrophe pour le Liban." Il constate que le leader sunnite "Saad Hariri est aujourd'hui complètement dépassé par le courant salafiste."

Comment voit-il la suite des événements ? "Tant que Russes et Américains ne seront pas tombés d'accord pour une répartition de leur zone d'influence et sur le partage des ressources énergétiques dans la région, les combats continueront." Pour le moment, estime-t-il, "l'Etat syrien tient le coup."

Un autre responsable libanais remarque, lui, au contraire que les jours du régime sont comptés. "Hafez Al-Assad était un alaouite porteur d'un projet politique pour les sunnites, pour son fils Bachar, ce n'est plus le cas: il n'y a plus de projet." Bref, le régime de Damas, selon lui, n'a plus de capacité de projection dans le futur, si ce n'est celle de lutter au jour le jour pour sa survie.

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