La nomination d'un kurde à la tête du Conseil national syrien (CNS) lors de sa dernière réunion à Istanbul a pu surprendre. Comment la Turquie a-telle pu laisser Abdel Basset Sieda présider une telle instance? En fait, "les Turcs n'ont pas mis leur véto , analyse un opposant kurde syrien,parce que c'est un adversaire du PKK et qu'il ne représente rien". Bref, vu d'Ankara, c'est "un bon kurde".

Au début de la crise syrienne, la Turquie a encouragé des négociations entre les Frères musulmans et le régime de Bachar Al-Assad. Echec total. Désormais, les autorités turques ont choisi d'aider politiquement, financièrement et militairement les Frères musulmans et leurs branches armées. "Les Turcs ont compris qu'ils ne pourraient pas intervenir en Syrie, donc ils agissent via leurs alliés syriens, poursuit notre opposant.Ils ont créé des camps d'entraînement pour les rebelles dans la province du Hatay."

Depuis plusieurs années, la Turquie voulait promouvoir une politique de "zéro ennemi" à ses frontières. Aujourd'hui, la situation se dégrade sur son flanc oriental : environ 30 000 réfugiés syriens seraient installés sur son territoire, le PKK refait surface notamment après la dernière attaque contre des militaires turcs dans la province d'Hakkari (huit soldats tués), la méfiance est de mise avec les Irakiens et les Iraniens. Bref, c'est tout l'environnement oriental d'Ankara qui est en pleine ébullition...

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