Si les morts pouvaient parler, couverture du rapport de HRW sur la torture en Syrie  HRW
Si les morts pouvaient parler, couverture du rapport de HRW sur la torture en Syrie  HRW © Radio France

Les photos exfiltrées de Syrie et que l'ONG Human Rights Watch a vérifié et publié mercredi montrent le corps de milliers de prisonniers torturés dans les prisons du régime de Bachar al-Assad. Pour HRW, elles sont une preuve « accablante » de crimes contre l’humanité.

Les clichés montrent des yeux arrachés, des gens avec des lésions sur le dos ou le ventre, des corps décharnés et des centaines de cadavres gisant dans un hangar, au milieu de sacs de plastique devant servir à les enterrer.

Des photos d’un policier syrien qui s’est enfui

Ses photos, ce sont celles de « César », un ancien photographe de la police militaire syrienne. L’homme s’est enfui de Syrie en juillet 2013, en emportant plus de 53 000 photographies. L’ONG les a ensuite étudiées pendant neuf mois.

« Nous avons méticuleusement vérifié des dizaines de récits et nous sommes certains que les photographies de César sont des preuves authentiques et accablantes de crimes contre l’humanité en Syrie » affirme Nadim Houry, vice-président de Human Rights Watch pour le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord. « Des milliers d’autres subissent le même destin » raconte-t-il encore.

HRW a interviewé 33 proches de 27 victimes identifiées, 37 anciens prisonniers qui ont vu des personnes mourir en détention et quatre anciens gardiens de centres de détention ou hôpitaux militaires qui ont fait défection pour authentifier les photos.

Le rapport est intitulé :« Si les morts pouvaient parler : Décès de masse et actes de torture dans les centres de détention en Syrie ". En 86 pages, l'organisation identifie un certain nombre de victimes et quelques unes des principales causes de décès.

Pourparlers pour l’avenir de la Syrie

Ce rapport intervient au moment où les pays occidentaux, dont la France, qui se réunissent au sein du Groupe international de soutien à la Syrie, à Vienne, ne font plus du départ du président Bachar al-Assad une priorité , afin de concentrer leurs efforts dans la lutte contre le groupe jihadiste Etat islamique, qui sévit en Syrie.

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