La coalition internationale est inefficace : reportage d'Hélène Bourgon

Selon Issam Moussly, qui organise sans relâche depuis 2012 des convois d'aide médicale à l'intention de la population syrienne :

La privation de soins du quotidien est une arme aussi forte que l'arme chimique. Il y a des quartiers ou des villes rebelles encerclées où il n'y a rien qui filtre, comme Douma, dans la banlieue de Damas, où les habitants ne bénéficient d'aucune aide.

Depuis 2012, cet habitant de Pleurs (Marne) dont l'association s'est spécialisée dans le médicament et la nutrition infantile, a orchestré l'acheminement de 15 à 18 camions de 20 à 25 tonnes par an, en s'appuyant sur un réseau de plus de 200 professionnels de santé et d'acteurs en Syrie. Son dernier convoi remonte au 30 décembre à destination de Raqqa, Deir ez-zor, Alep, et les provinces de Homs et d'Idlib.

Depuis, la situation est bloquée. Son convoi de souches de pommes de terre, destinées à être plantées dans les régions sous contrôle des rebelles pour nourrir la population au printemps, attend depuis janvier le feu vert des autorités turques. Cinq camions de médicaments sont également prêts à partir.

Dans les rangs des opposants, le bilan est amer : reportage de Christian Chesnot

Soumis aux aléas administratifs, les humanitaires doivent également composer avec des conditions de sécurité qui fragilisent, retardent ou annulent l'acheminement de l'aide vers les populations les plus fragiles.En première ligne, nombre d'entre eux ont été depuis le début du conflit pris pour cible, tués, enlevés ou déplacés par des groupes aux motivations diverses.

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L'Etat islamique a notamment revendiqué la décapitation des humanitaires britannique David Haines et américain Peter Kassig. L'Américaine Kayla Mueller, qui travaillait pour une ONG turque, est morte en février alors qu'elle se trouvait entre les mains des combattants djihadistes.

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