Un bus part de Raqqa pour Alep.
Un bus part de Raqqa pour Alep. © Radio France / Gilles Gallinaro

REPORTAGE - En Irak et en Syrie, la coalition continue de mener des frappes contre l'organisation "État islamique". Dans la ville de Raqqa, à l’est d’Alep, les djihadistes font régner la terreur depuis qu’ils ont pris cette ville il y a plus d’un an. Nos envoyés spéciaux en Syrie, Gilles Gallinaro et Valérie Crova, ont rencontré des habitants d’Alep qui font des allers-retours jusqu’à Raqqa.

Dans ce car qui fait la route entre Alep et Raqqa, les hommes sont assis à l'avant, les femmes à l'arrière. C'est aujourd'hui une habitude. Le fief des djihadistes n'est qu'un à une centaine de kilomètres de là. À Raqqa, l'organisation "État islamique" applique à la lettre la charia.

Une jeune mère est assise à côté de son fils endormi. Elle tient un sac en plastique sur les genoux. À l'intérieur, un niqab, ce voile noir intégral qui couvre le corps de la tête aux pieds. Elle témoigne :

Dès qu'on arrive chez eux, je mets le niqab. Je n'aime pas le porter, ça me gêne. Même les yeux ne doivent pas apparaître. Ils nous frappent si on ne le porte pas bien. J'ai vu des têtes coupées de mes propres yeux. Ils les exposent dans le souk.

Le port du niqab est obligatoire dans les territoires occupés par les djihadistes.
Le port du niqab est obligatoire dans les territoires occupés par les djihadistes. © Radio France / Gilles Gallinaro

Les témoignages des exactions commises par les djihadistes sont terrifiants : décapitationd, lapidations, coups de fouet... Les récits les plus épouvantables se succèdent. Pourtant, Mohamed, dont la famille vit à Raqqa, n'a pas d'autre choix que de rester et de subir, explique-t-il :

Depuis que Daech est arrivé, tout a changé et on se sent moins que des êtres humains. S'il y a une souffrance sur toute cette Terre, c'est à Raqqa.

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Un vieil homme tient son paquet de cigarettes à la main. Il vient de fumer avant de remonter dans le car. Bientôt, il devra ranger son paquet et le mettre à l'abri des regards : "S'ils nous voient en train de fumer, ils nous fouettent, raconte-t-il. Même s'ils trouvent un paquet caché dans la poche, c'est sept jours de prison ! Moi je me suis laisser pousser la moustache. Ils m'ont fouetté sept fois et m'ont demandé de la couper."

La ville de Raqqa, au nord de la Syrie.
La ville de Raqqa, au nord de la Syrie. © Radio France
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