Vingt-quatre heures après l'accord de Munich sur la cessation des hostilités, les principaux protagonistes sont toujours réunis en Allemagne et le dialogue de paix tourne au dialogue de sourd.

Selon l'accord trouvé dans la nuit de jeudi à vendredi, la trêve doit entrer en vigueur dans une semaine. Elle sera accompagnée par l'acheminement d'aide humanitaire et la poursuite de la lutte contre les mouvements djihadistes. Et c'est sur ce point que deux visions s'affrontent.

John Kerry, le secrétaire d'Etat américain et Manuel Valls se sont succédés ce samedi à la tribune de la conférence sur la sécurité de Munich pour demander à Moscou d'arrêter de bombarder les civils. Pour le premier ministre français "il faut soutenir l'opposition modérée. Bombarder des sites où il y a l'opposition modérée et des civils, ne peut pas aider au processus de paix et à la réconciliation."

De 49 à 51% de chance de réussite

Quelques minutes, plus tard, son homologue, Dimitri Medvedev s'exprime à son tour, à la même tribune mais pas avec la même lecture des évènements : "il n'y a pas de preuve de bombardements russes contre les civils, même si tout le monde nous accuse de cela (…) ce n'est tout simplement pas vrai". Le chef de gouvernement russe affirme que l'action militaire russe en Syrie est soutenue par les populations et que Moscou, au moins agi. Quant à l'accord de cessez-le-feu signé la veille, Dimitri Medvedev n'y a même pas fait allusion.

C'est son ministre des Affaires étrangères, Sergéï Lavrov qui s'en est chargé. Pour lui, il n'y a que 49% de chance que cet accord soit concrétisé. A peine plus optimiste, le ministre allemand Frank-Walter Steinmeier, considère qu'il y a 51% de chance.

Pendant ce temps, les bombardements russes se poursuivent en Syrie et les forces gouvernementales de Bachar El Assad se trouvent aux portes de la province de Rakka.

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