C'est Abdel Baset Sieda qui devrait prendre la présidence du Conseil national syrien. Sa désignation est prévue à l'occasion de la prochaine réunion du CNS à Istanbul les 9 et 10 juin. Docteur en philosophie, Abdel Baset Sieda, 56 ans, est un kurde originaire de Hasaka. "Son nom fait consensus ,il est acceptable par tous , explique Georges Sabra, une personnalité de l'opposition démocratique et libérale. Les Frères musulmans ont donné leur feu vert parce que ce n'est pas quelqu'un de charismatique qui pourrait leur faire de l'ombre.

Désormais, confirme Georges Sabra, la présidence du CNS va vraiment être "tournante" , contrairement au début du Conseil qui a vu la reconduction de Bouhran Ghalioun. Cet universitaire, installé en France dans les années 70, a subi une avalanche de critiques. On lui reproche d'avoir trop laissé le champs libre aux Frères musulmans, selon un diplomate occidental. A l'intérieur du CNS, on critique ses prises de parole parfois intempestives et inutiles : "dire dans une interview que l'Iran et le Hezbollah sont nos adversaires, ça ne sert à rien, en plus quelle légitimité a-t-il pour dire cela?" s'interroge Georges Sabra.

Georges Sabra, qui s'est exilé en France depuis 4 mois via la Jordanie, constate "le manque de détermination de la communauté internationale." Il pointe du doigt la faiblesse de l'aide financière pour soutenir les réfugiés syriens, mais aussi les déplacés, les blessés ou encore les familles de prisonniers. Pour lui, il faut trouver les moyens d'organiser la transition politique en Syrie. Mais comment ? Et avec qui ? "Kofi Annan, qui pourrait jouer les médiateurs, a perdu beaucoup de crédit chez les Syriens. Il faudrait un gouvernement de technocrates de transition," estime-t-il. On en est loin. Dans son dernier discours devant le parlement, Bachar Al-Assad a encore prédit du sang et des larmes.

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