La résolution de l'Onu sur la Syrie
La résolution de l'Onu sur la Syrie © Radio France

Le Conseil de sécurité des Nations unies a approuvé vendredi à l'unanimité la résolution sur la destruction des armes chimiques syriennes. Aucun régime de sanctions automatiques en cas de non-respect de ses termes n'est prévu.

À l'unanimité, les 15 membres du Conseil de sécurité ont ainsi mis fin à des semaines d'intenses négociations diplomatiques entre les Etats-Unis et la Russie. Le texte adopté vendredi à New York s'appuie sur le compromis trouvé entre Moscou et Washington après l'attaque chimique du 21 août qui a fait des centaines de victimes dans la banlieue de Damas.

Bien que contraignante, cette résolution n'est pas placée sous chapitre VII - qui autorise des sanctions automatiques, y compris une action militaire. La possibilité de recourir au chapitre VII est mentionnée dans le corps du texte (article 21), mais une telle mesure nécessiterait l'adoption d'une nouvelle résolution. Le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov a ténté de se montrer conciliant :

Le Conseil de sécurité des Nations unies [...] se tiendra prêt à prendre des mesures dans le cadre du Chapitre VII de la Charte des Nations unies.

Le président américain Barack Obama avait quant à lui qualifié le projet de résolution de "grande victoire potentielle pour la communauté internationale", même si des sources diplomatiques occidentales estiment que le texte adopté dévie de la ligne que la Maison blanche voulait suivre dans ce dossier.

La Russie mène la danse, Pourquoi ?

Elements de réponse avec Olivier Poujade du service diplomatique de France Inter

Comment détruire l'arsenal ?

Syrie : un combattant de l'armée syrienne libre dans le quartier Salah al-Din d'Alep
Syrie : un combattant de l'armée syrienne libre dans le quartier Salah al-Din d'Alep © REUTERS/Goran Tomasevic / REUTERS/Goran Tomasevic

La destruction de l'arsenal chimique syrien passe désormais par des inspections de l'Organisation pour l'interdiction des armes chimiques (OIAC).

Cette dernière réclame à la Syrie de garantir la sécurité de ses experts et de leur fournir un accès "immédiat et sans entrave" à tous ses sites. Un manquement à ces obligations entraînerait une réunion de l'OIAC dans les 24 heures. Les experts de l'OIAC disposeront de 30 jours pour visiter toutes les installations déclarées la semaine dernière par la Syrie, où une première équipe se rendra lundi.

Au delà de la question des armes chimiques, celle de la guerre civile qui sévit en Syrie reste posée. Le secrétaire général des Nations unies Ban Ki-moon a dit souhaiter qu'une conférence internationale sur la paix en Syrie soit organisée à la mi-novembre.

L'envoyé spécial de la Syrie à l'Onu a de son côté assuré que Damas s'engageait "fermement à se rendre à Genève" pour des discussions de paix, tout en soulignant que "les soutiens des rebelles, la Turquie, l'Arabie saoudite, la France, le Qatar et les Etats-Unis devaient eux aussi respecter la résolution du Conseil de sécurité". Selon lui, le texte approuvé vendredi répond à la plupart des inquiétudes de la Syrie.

Sergueï Lavrov a promis que Moscou ferait son possible pour que des pourparlers de paix soient organisés. "On continue de mourir et des civils pacifiques souffrent chaque jour en Syrie", a-t-il dit. "Virtuellement, le seul moyen de mettre aujourd'hui un terme à ce chaos est de sortir de l'impasse pour entrer dans un processus de règlement politique de la crise syrienne."

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Dossier_lien_syrie © Radio France
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