Les militaires parlent d'un point de rupture pour décrire l'instant où une armée s'effondre. Laurent Fabius, le ministre des Affaires étrangères, parle lui de l'apparition prochaine d'un "point de basculement" pour le régime syrien, même s'il précise, "bien sûr, ce n'est jamais cartésien." Il constate un effritement du régime de jour en jour, notamment du point de vue financier, mais aussi diplomatique. Le Liban a voté pour l'exclusion de l'OCI de la Syrie, tout comme l'Algérie et l'Irak, "c'est un signe que l'isolement du régime s'accroit" , selon lui.

Pour autant,"il reste le noyau alaouite" et "Bachar Al-Assad conserve une suprématie aérienne évidente." Si Laure nt Fabius note l'importance des récentes défections -il y en aura d'autres spectaculaires bientôt a-t-il annoncé depuis la résidence des Pins à Beyrouth- elles ne concernent pas les militaires alaouites. Si la crise devait durer, "il serait logique que l'Armée syrienne libre monte alors en puissance". Le ministre ne croît pas en un scénario catastrophe qui verrait la Syrie éclater en entités locales avec notamment la constitution d'une enclave alaouite.

Pour lui, la chute du régime est une question "de mois" . Toute la question maintenant est de savoir ce qui vient après. Au coeur de la transition, il y a le respect des minorités,"le CNS en a maintenant bien conscience" , explique-t-il. La tâche désormais vise à crédibiliser l'opposition au régime syrien. L'idée aussi est d'éviter un scénario à l'Irakienne. Tous ses interlocuteurs lors de sa tournée dans la région -jordaniens, libanais et turcs- lui ont fait comprendre qu'ils y sont très sensibles. En clair, il faut couper la tête du régime tout en conservant les structures étatiques.

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