Alexis Tsipras, le leader du parti Syriza
Alexis Tsipras, le leader du parti Syriza © REUTERS/Marko Djurica

Les Grecs renouvellent dimanche les 300 sièges de députés du Parlement, les derniers sondages confirment la progression du parti de la gauche radicale, face aux conservateurs. Vendredi soir, les ultimes meetings - en Crète les partisans de Syriza et à Athènes pour les conservateurs de Nouvelle Démocratie - ont encore largement mobilisé

La dynamique favorable au parti de la gauche radicale grecque Syriza dans les derniers jours de la campagne est confirmée par trois nouveaux sondages publiés vendredi et qui donnent entre 5 et 6 points de plus au parti d'Alexis Tsipras, devant Nouvelle-Démocratie du Premier ministre conservateur Antonis Samaras, au pouvoir depuis 2012. A noter également 7 à 15% d'électeurs indécis.

Après la purge imposée au pays par ses créanciers, UE, BCE et FMI, en échange de 240 milliards d'euros de prêts, le gouvernement Samaras a réussi à ramener un peu de croissance depuis mi-2014. Mais tout cela n'a pas changé la vie quotidienne des Grecs exaspérés. Après six ans de récession et avec un chômage à plus de 25% les Grecs sont demandeur d'une remise en cause du dogme du remboursement de la dette (175% du PIB, plus de 300 milliards d'euros).

Les derniers meetings

"L'accident Tsipras n'arrivera pas. Nous ne les laisserons pas nous faire revenir en arrière", a averti le chef du parti conservateur Nouvelle Démocratie au cours d'un ultime meeting à Athènes. Samaras s'en est pris à un parti "qui ne sait pas ce qu'est l'Europe, qui ne comprend pas l'Europe". "Syriza va dresser l'Europe contre nous".

A Héraklion, en Crète, ripostant aux attaques du Premier ministre, Alexis Tsipras, 40 ans, a assuré à ses partisans qu'il "ne menait pas une bataille dans un petit coin d'Europe mais pour tous les peuples d'Europe". "Une bataille pour mettre fin à l'austérité", a affirmé le chef de la gauche grecque. "Car si on ne met pas fin à l'austérité barbare, à l'ajustement budgétaire brutal, ce sera la fin de la démocratie".

La peur d'une sortie de l'Euro brandie par Samaras et le parti au pouvoir, peuvent encore jouer sur le vote de dimanche

L’analyse de Bertrand Gallicher à Athènes avec Philippe Abiteboul

Stipras a réaffirmé sa volonté de conquérir une majorité absolue lui évitant d'avoir à nouer des alliances, mais s'il ne l'obtenait pas, personne ne sait quels alliés Syriza pourrait choisir. Sur les 300 sièges qui vont être renouvelés dimanche, cinquante sont mécaniquement attribués au parti arrivé en tête, les 250 autres répartis au scrutin proportionnel.

Après la panique, le réalisme

Même la chancelière allemande Angela Merkel, que la rumeur disait disposée à une sortie de la Grèce de la zone euro en cas de victoire de Syriza, dit maintenant être "sûre que nous trouverons tranquillement des solutions" :

Je veux que la Grèce, malgré les dualismes et les rivalités, continue à faire partie de notre histoire

A l'instar des propos apaisants de Madame Merkel, le chef du gouvernement italien Mattéo Renzi a déclaré également vendredi "ne pas être inquiet" de ce qui arrive en Grèce : "Quel que soit le vainqueur, nous travaillerons avec le nouveau Premier ministre dans la tranquillité et le respect du parcours établi".

Même les milieux financiers font désormais le dos rond en attendant dimanche.

Lors d'un point de presse à Davos vendredi, Michel Sapin a déclaré que les ministres des Finances européens qui se réuniront lundi, évalueront le temps à laisser au nouveau pouvoir grec avant de pouvoir négocier sereinement sur son plan d'aide.

A 40 ans, Alexis Tsipras pourrait devenir le plus jeune Premier ministre grec

Diplôme d'ingénieur civil en poche, après avoir milité dès le lycée, Tsipras adhère d’abord aux Jeunesses communistes grecques (KNE). Il rejoint ensuite le Synaspismos, petit parti eurocommuniste et altermondialiste. A 33 ans, il est élu président de cette formation qui devient la même année, en 2008, une coalition de plusieurs organisations et partis de gauche, sous le nom de Syriza, un parti qui soutien des émeutes urbaine après le meurtre d'un adolescent par un policier à Athènes, c" qui vaut à Syriza de ne dépasser 4,6% des voix aux législatives de 2009. C'est la crise de la dette en 2010 et les années de marasme économique qui l'ont accompagnée qui ont donné une nouvelle audience à la gauche radicale et son leader. Deuxième aux législatives de 2012, derrière la Nouvelle Démocratie d'Antonis Samaras, le parti arrive en tête des élections européennes du printemps dernier. Depuis, Tsipras peaufine son image internationale en multipliant les visites à l'étranger, destinées à lui donner une stature internationale mais aussi à rassurer - un peu - les créanciers de la Grèce.

Tsipras infographie
Tsipras infographie © ide
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