Tafta, la France n'en veut pas
Tafta, la France n'en veut pas © MaxPPP/Le Républicain Lorrain/Julio Pelaez

Le secrétaire d'Etat au Commerce extérieur, avait prévenu que l'arrêt des négociations était "l'option la plus probable". François Hollande a sonné le glas du projet d'accord de libre-échange entre l'Union européenne et les Etats-Unis, en déclarant mardi qu'"à ce stade" des négociations, "la France dit non".

Au lendemain de la publication par Greenpeace de documents confidentiels sur le contenu des discussions, le Président a été très clair :

Jamais nous n'accepterons la mise en cause des principes essentiels pour notre agriculture, notre culture, pour la réciprocité pour l'accès aux marchés publics. Voilà pourquoi, à ce stade, la France dit non dans l'étape que nous connaissons des négociations commerciales internationales.

Quelques heures auparavant, le secrétaire d'Etat au Commerce extérieur avait prévenu que la France pourrait bloquer les négociations commencées il y a près de trois ans.

Il ne peut pas y avoir d'accord sans la France, et encore moins contre la France.

Matthias Fekl a fustigé au passage "l'état d'esprit des Etats-Uniscar selon lui, l'Europe propose beaucoup et elle reçoit très peu en échange. Pour trouver un terrain d'entente avec Washington, il faudrait que "nos PME aient accès au marché américain. Nous souhaitons défendre l'agriculture, les indications géographiques", explique le secrétaire d'Etat qui exige également le respect des normes environnementales. "Cela n'aurait aucun sens d'avoir fait la COP21 en décembre à Paris, ce superbe accord pour l'environnement, et de signer quelques mois après un accord qui viendrait le détricoter", a-t-il affirmé.

Berlin est également monté au créneau, prédisant un "échec" des négociations si les Etats-Unis ne faisaient pas plus de concessions.

Qui veut encore du Tafta ?

L'accord Tafta entre l'Union européenne et les Etats-Unis doit servir à éliminer leurs barrières douanières et règlementaires de part et d'autre de l'Atlantique. Il est négocié dans le plus grand secret depuis mi-2013 et depuis soulève beaucoup de question et même de la franche opposition en France mais aussi en Allemagne. Même aux Etats-Unis, les candidats aux primaires, comme le républicain Donald Trump ou la démocrate Hillary Clinton ont déjà sévèrement critiqué le projet d'accord voulu par Barack Obama.

Pour François Fillon, il faut simplement "arrêter de discuter" car "les Etats-Unis exercent sur l'Europe une tutelle économique et financière, à travers la justice américaine, qui devient insupportable." Un avis largement partagé à gauche et les fuites du texte organisées par Greenpeace risquent de raidir encore davantage les positions.

Greenpeace Pays-Bas a publié lundi 248 pages de "textes consolidés" qui portent sur 13 chapitres, soit près de la moitié de l'accord, sur le site TTIP-leaks.org. Ces documents datent de début avril et ont été rédigés avant le cycle de négociations organisé la semaine dernière à New York.

►►► POUR EN SAVOIR PLUS | Lire Tafta, Greenpeace révèle la teneur des négociations

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