L'Espagne se déchire à l'occasion du procès d'un viol collectif durant les fêtes de Pampelune en 2016. Les faits sont avérés et ont été filmés mais la victime est attaquée par les défenseurs de ses agresseurs et par le juge. Des manifestations de soutien à la victime se multiplient.

Espagne : manifestation de soutien à la victime d'un viol collectif
Espagne : manifestation de soutien à la victime d'un viol collectif © AFP / Juan Carlos Lucas / NurPhoto

L'affaire se déroule en  juillet 2016, lors des fêtes de Pampelune, au pied d'un immeuble. Une jeune madrilène de 18 ans est violée par cinq hommes venus de Séville, âgés de 26 à 28 ans. Les faits ne font guère de doute, les hommes ayant posté des photos de leurs actes sur les réseaux sociaux. 

Les hommes, tous supporteurs ultras du Séville FC, sont jugés pour viol collectif et atteinte à l’intimité car ils ont filmé la scène. Ils nient, affirment que la relation était consentie. Le parquet a requis contre eux vingt-deux ans de prison. Mais depuis le début du procès le 13 novembre, la victime est sans arrêt remise en cause. 

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Le procès d'un viol collectif en Espagne au cœur de débats sur la parole des femmes

Par Mathieu de Taillac

La victime serait coupable et des détectives sont à ses trousses

Seule à 3 heures du matin, elle a suivi le groupe de jeunes éméchés jusqu’à sa voiture. Depuis ces révélations, les débats se tournent sur sa prétendue responsabilité, voire son consentement. 

De plus, le juge chargé du procès a accepté comme pièce à conviction une photo postée par la jeune fille sur les réseaux sociaux. Elle y apparaît dans un magasin à coté d'un tee-shirt où est inscrit :  

"Quoi que tu fasses, enlève ta culotte"

La défense a même embauché un détective pour fouiller dans la vie privée de la jeune fille. Et ses tenues vestimentaires, ses messages sur les réseaux sociaux sont épluchés et utilisés contre elle.  

Indignation dans toute l'Espagne

A Madrid, Barcelone, Séville, des centaines de personnes outrées ont manifesté pour exprimer leur solidarité avec la victime. 

Sur les pancartes on pouvait lire : "Tant qu’on ne me tue pas, on ne me croit pas"

"La justice patriarcale est complice des agressions"

Le procès doit se terminer ce vendredi 24 novembre.

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