Les militaires ont commencé à se déployer dans les rues de Bangkok
Les militaires ont commencé à se déployer dans les rues de Bangkok © EPA/MaxPPP

L'armée thaïlandaise a décrété ce mardi la loi martiale, sans toutefois déposer le gouvernement provisoire, afin de rétablir le calme dans le royaume secoué depuis six mois par des troubles politiques entre partisans et opposants au pouvoir en place.

Il ne s'agit pas d'un coup d'État, ont toutefois assuré plusieurs responsables de l'armée. "Cette loi martiale est seulement destinée à restaurer l'ordre et la stabilité. Cela n'a rien à voir avec le gouvernement, qui continue à fonctionner normalement", a expliqué le colonel Winthai Suvari, adjoint au porte-parole de l'armée.

Un général de l'armée a tenu le même discours :

Ce n'est pas un coup d'État. Nous le faisons parce que la situation n'est pas stable, ils se tuent entre eux jour après jour.

Des soldats patrouillaient dans Bangkok et ont pris le contrôle de chaînes de télévision. Le récit sur place du correspondante de RFI, Arnaud Dubus.

Ces derniers jours, les contestataires n'ont pas abandonné leurs revendications, malgré l'éviction de l'ancienne Première ministre Yingluck Shinawatra, renvoyée de ses fonctions le 7 mai avec neuf de ses ministres.

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Elle a cédé son fauteuil à un chef de gouvernement intérimaire, Niwatthamrong Boonsongphaisan, qui a exclu lundi de démissionner en dépit des appels du mouvement de contestation en cours depuis le mois de novembre. Le conflit dure en réalité depuis huit ans et oppose les "chemises jaunes", qui recrutent principalement dans la classe moyenne et les notables royalistes de Bangkok, aux "chemises rouges", partisans de la famille Shinawatra.

Les Etats-Unis, qui ont coupé leurs aide à la Thaïlande après le renversement de Thaksin, ont fait savoir qu'ils suivaient la situation de près. "Nous attendons de l'armée qu'elle respecte ses engagements et que cette initiative ne soit que temporaire et menée pour empêcher les violences, et non pas pour ébranler les institutions démocratiques", a déclaré Jen Psaki, porte-parole du département d'Etat.

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