Des résidents de Tianjin dont les logements ont été détruits dans les explosions
Des résidents de Tianjin dont les logements ont été détruits dans les explosions © MaxPPP/NG KONG

L'armée chinoise a annoncé que des centaines de tonnes de cyanure avaient bien été entreposées sur le site du port de Tianjin dévasté par des explosions qui ont fait 112 morts. On décrypte la gestion de la catastrophe avec un spécialiste de la Chine.

C'est la première confirmation officielle de la présence de ce composant chimique extrêmement dangereux dans l'entrepôt où ont eu lieu mercredi les deux gigantesques déflagrations. Le général Shi Luze, chef d'état-major de la région militaire de Pékin, a déclaré lors d'une conférence de presse que du cyanure avait été identifié en deux endroits du site, le volume atteignait plusieurs centaines de tonnes. Les médias chinois ont évoqué la présence de 700 tonnes de cyanure de sodium, un composant chimique très toxique en cas d’inhalation, d’ingestion ou de contact avec la peau.

L'origine des explosions se précise

Ce composant, qui se présente sous forme de poudre cristalline, peut sous certaines conditions libérer du cyanure d'hydrogène, un "gaz hautement toxique" qui peut être "rapidement mortel". Ce gaz se dégage au contact de l'eau, la réaction chimique s'accélère au-delà de 50 degrés, libérant de l'amoniaque, il peut avoir fait exploser les fûts qui contenaient le cyanure. Les autorités chinoise ont fait venir sur place des spécialistes travaillant pour des fabricants de cette matière dangereuse.

Près de 100 personnes, dont 85 pompiers, sont portées disparues . Plus de 700 personnes ont été hospitalisées à la suite des déflagrations, qui ont déclenché des incendies que les secouristes peinent depuis à éteindre, avec de nouvelles explosions samedi.

Un incendie de cette nature ne pouvait être combattu qu'à l'aide de poudre ou de sable sec , pas avec de l'eau comme ce fut le cas au début d'intervention.

Peur d'une contamination de l'air et de l'eau

Les autorités chinoises n'ont eu de cesse de tenter de rassurer les habitants mais la catastrophe nourrit les craintes de contamination parmi les 15 millions de résidents de cette métropole portuaire de l'est de la Chine.

L'agence Chine Nouvelle a indiqué que la densité de cyanure dans les eaux usées était jeudi 10,9 fois supérieure à la normale. Ce taux a depuis baissé pour s'établir à deux fois le taux normal.

Greenpeace a expliqué dimanche avoir testé les eaux de surface en quatre endroits de Tianjin mais que les niveaux de cyanure n'étaient pas élevés. "Cela montre que les réserves d'eau ne sont pas gravement contaminées".

Les familles des victimes accusent les autorités de vouloir cacher la vérité tandis que des sites internet ont été bloqués pour avoir diffusé des "rumeurs". Plus de 360 comptes ont été fermés sur les réseaux sociaux. 17 000 familles pas toutes évacuées, ont montré dans la rue, les dégats de leurs habitations.

Pour évoquer la gestion de cette catastrophe, l'invité du 13H00 de France Inter ce dimanche :

Francois Godement, historien, spécialiste de la Chine, professeur à Sciences Po (il répond à Lionel Thompson):

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