Qui a tué les moines de Tibéhirine ?
Qui a tué les moines de Tibéhirine ? © MaxPPP

Qui a tué les moines de Tibhirine? Si l’enquête judiciaire n’a jusqu’ici pas réussi à répondre à cette question, de nombreux éléments remettent en cause la thèse d’un crime islamiste. Pour l'avocat des moines, le pouvoir algérien est en cause.

C’était il y a vingt ans. Dans la nuit du 26 au 27 mars 1996, sept moines français de Tibhirine sont enlevés puis assassinés.

A l’époque, cet assassinat est revendiqué par les islamistes du GIA qui mènent une guerre féroce sur le sol algérien depuis 1992 et l’annulation par le pouvoir en place des élections législatives remportées par le Front islamique du salut (FIS).

Plusieurs pistes mènent à un autre suspect : les services secrets algériens, qui auraient une part de responsabilité dans la mort des moines. Presque 20 ans jour pour jour après la mort de ces sept hommes, beaucoup de questions restent encore sans réponses. L’enquête judiciaire se heurte à un mur.

Trévidic enfin en Algérie en 2014

Pourtant, en octobre 2014, les juges Marc Trévidic et Nathalie Poux avaient enfin réussi à se rendre en Algérie avec une équipe d’experts. Leur objectif était d’exhumer et d’autopsier les têtes des moines, leurs corps n’ayant jamais été retrouvés. Des prélèvements médico-légaux sont alors effectués sur place. Mais Alger refuse que les juges et les experts français repartent avec ces prélèvements qui pourraient livrer des indications cruciales sur la mort des moines.

La colère de l’avocat des familles, Patrick Baudoin.
La colère de l’avocat des familles, Patrick Baudoin. © MaxPPP

Un blocage algérien qui se poursuit encore aujourd’hui suscite la colère de l’avocat des familles, Patrick Baudoin :« On ne peut pas ne pas conclure de ce refus obstiné que les algériens ont des choses à cacher et que, dans cette affaire, leur version constamment assénée, officielle, selon laquelle ce sont les islamistes du GIA qui ont enlevé, séquestré et assassiné les moines n’est plus crédible. Et je pense même que l’on peut dire aujourd’hui (je ne l’ai pas dit jusqu’à présent) que :

Ce refus obstiné des autorités algériennes de coopérer, c’est un aveu de reconnaissance de responsabilité dans la disparition des moines !

"Les Algériens ont des choses à cacher" estime l'avocat Patrick Baudoin au micro de Benoît Collombat :

La seule certitude dans cette affaire est qu’il n’y avait pas de trace de balles sur les têtes des moines, qui, selon les experts français, ont vraisemblablement été tués un mois avant l’annonce officielle de leur mort.

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