Les personnalités américaines ont dénoncé les déclarations de Donald Trump, après que le président a rejeté la faute autant sur les suprémacistes blancs que leurs opposants.

Donald Trump s'est défendu d'avoir tardé à répondre suite aux violences de Charlottesville affirmant avoir pris le temps de s'informer avant de réagir. Il a rejeté les torts sur les deux camps.
Donald Trump s'est défendu d'avoir tardé à répondre suite aux violences de Charlottesville affirmant avoir pris le temps de s'informer avant de réagir. Il a rejeté les torts sur les deux camps. © AFP / JIM WATSON

Les critiques sont de plus en plus virulentes contre le président américain suite aux violences de Charlottesville. Après avoir refusé de condamner spécifiquement les suprémacistes blancs, dont l'un d'entre eux a délibérément fauché plusieurs contre-manifestants, tuant une femme de 32 ans et blessant plusieurs personnes, Donald Trump a renvoyé dos à dos les responsabilités des deux camps, affirmant qu'il y a "des torts des deux côtés".

La conférence de presse, diffusée par plusieurs médias dont le Washington Post, montre un chef de l'État américain véhément, se défendant d'avoir tardé à réagir par manque d'informations, contrairement aux reporters "fake news".

"J'ai regardé de très près, de beaucoup plus près que la plupart des gens. Vous aviez un groupe d'un côté qui était agressif. Et vous aviez un groupe de l'autre côté qui était aussi très violent. Personne ne veut le dire", a-t-il affirmé. Pour justifier son point de vue, il pointe du doigt les opposants : "Que dire de l'Alt left qui a attaqué l'Alt right (terme qui désigne la droite alternative) comme vous dites ? N'ont-ils pas une part de responsabilité ?"

Trump salué par un ancien leader du KKK

"J'ai condamné les néo-nazis. Mais tous les gens qui étaient là-bas n'étaient pas des néo-nazis ou des suprémacistes blancs, loin s'en faut", a-t-il poursuivi, "il y avait des gens très bien des deux côtés."

Les propos de Donald Trump ont suscité une vive colère, mais ils ont également été immédiatement salués par un ancien responsable du Ku Klux Klan, présent à Charlottesville. David Duke a ainsi remercié le président américain pour avoir "dit la vérité" et dénoncé "les terroristes de gauche".

Cette réaction d'un leader d'extrême-droite contraste avec la vague d'indignation qui a suivi la conférence de presse. Les deux présidents Bush, père et fils, ont publié un communiqué appellant à rejeter "le racisme, l'antisémitisme et la haine".

Politiciens comme personnalités sportives et artistes ont dénoncé le retour de "la haine raciale", à l'image de LeBron James, très populaire star du basket.

D'autres ont regretté les réactions policées du président lundi, alors qu'il lisait un prompteur et avait condamné à l'occasion "les violences racistes. Notamment le sénateur du Colorado Michael F. Bennet.

"Not the same"

Le "relativisme" dont a fait preuve Donald Trump est largement rejeté par les politiques démocrates comme républicains, le président républicain de la Chambre des représentants, Paul Ryan, appelant à ne faire preuve d'aucune "ambiguïté morale".

Le sénateur démocrate de Virginie et ancien collisitier de Hillary Clinton en 2016 pour l'élection présidentielle américaine, Tim Kaine, a notamment affirmé la responsabilité d' "un seul côté".

Même réaction pour la républicaine de Floride Ileanas Ros-Lehtinen : "Le retour au relativisme lorsqu'on parle du KKK, des sympathisants nazis et des suprémacistes blancs ? Clairement non."

Mitt Romney a lui aussi rejeté l'équité entre les deux camps et notamment leurs notions de moralité.

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