L'aéroport Atatürk d'Istanbul vit ce week-end ses dernières heures. Il est remplacé par le mastodonte de Recep Tayyip Erdogan, inauguré fin octobre, conçu pour voir défiler 200 millions de voyageurs chaque année. Un site vivement critiqué : trop grand, trop coûteux, et surtout écologiquement désastreux.

Le nouvel aéroport d'Istanbul entre ces jours-ci pleinement en fonction
Le nouvel aéroport d'Istanbul entre ces jours-ci pleinement en fonction © Maxppp / EPA

Recep Tayyip Erdogan espère le voir devenir, dans les prochaines années, le plus grand aéroport du monde, conçu pour voir défiler 200 millions de voyageurs chaque année. Le nouvel aéroport d'Istanbul, inauguré en octobre, tourne désormais à plein régime, après une mise en fonction progressive due à quelques retards de construction, et alors qu'il devait être totalement opérationnel au 1er janvier dernier. 

L'aéroport Atatürk, principale desserte de la ville turque jusqu'ici, accueille ses derniers avions ce samedi. Mais le nouveau site est très critiqué : trop grand, trop coûteux, et surtout écologiquement désastreux.

Ce projet pharaonique, commandé par l'homme fort de la Turquie est un de ces "projets fous ", comme il les désigne lui-même, qu'il compte léguer à la ville d'Istanbul. Soit un aéroport de six pistes, bâti sur 76 millions de mètres carrés, conçu pour accueillir 200 millions de voyageurs chaque année. Cela en ferait le plus grand aéroport du monde, alors que l'actuel est à la dixième place aujourd'hui, avec "seulement" 64 millions de visiteurs annuels.

Pour joindre ce nouvel aéroport par la route, depuis le centre-ville, il faut remonter vers le nord pendant une trentaine de kilomètres et arriver dans ce qui était, autrefois, une forêt. Une zone "protégée", explique l’urbaniste Orhan Demir : "Depuis 1980 et le premier plan d’aménagement d’Istanbul, qu’on appelle la 'Constitution d’Istanbul', tous les plans excluaient catégoriquement d’étendre la ville vers le Nord, pour protéger ses espaces verts considérés comme le poumon de la mégapole. On a violé cette Constitution."

Erdogan rejette les critiques des écologistes

Mais avant même que le premier avion décolle, le "poumon vert" avait déjà souffert, accuse la militante écologiste Ayse Yikici. "C’était une faune extraordinaire, des sangliers aux loups, une flore tout aussi riche, avec des plantes uniques au monde… Un véritable écosystème. Les conséquences sont déjà visibles. Dans le nord d’Istanbul, les habitants constatent un nombre de plus en plus élevé d’oiseaux morts. Les gens les retrouvent en pleine ville, sur leurs balcons."

Des critiques jusqu'ici balayées par Recep Tayyip Erdogan.

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