La rupture d'un barrage du géant minier Vale a tué au moins neuf personnes au Brésil, mais le bilan pourrait considérablement s'alourdir, avec quelque 300 personnes disparues samedi et des chances minimes de retrouver des survivants.

Hélicoptère survolant la zone ensevelie par les boues rouges après la rupture du barrage de Córrego do Feijão, dans le sud-est du Brésil
Hélicoptère survolant la zone ensevelie par les boues rouges après la rupture du barrage de Córrego do Feijão, dans le sud-est du Brésil © AFP / Douglas Magno

Depuis vendredi, les secours d'affaire dans le sud-est du Brésil, où un barrage du plus grand opérateur minier du pays a cédé, relâchant des milliers de tonnes de boues rouges sur la commune de Brumadinho et ses 39 000 habitants. Elle se situe à 60 km au sud-ouest de Belo Horizonte, la capitale de l'Etat du Minas Gerais.

"Nous avons neuf personnes décédées. Nos données nous indiquent qu'il y a environ 300 disparus", a déclaré un porte-parole des pompiers.  

"_La police, les pompiers et les militaires ont tout fait pour tenter de secourir d'éventuels survivants, mais nous savons qu'à partir de maintenant les chances sont minimes et nous ne trouverons probablement que des corp_s", a indiqué à la presse Romeu Zema, gouverneur de l'État de Minas Gerais, où une tragédie similaire avait fait 19 morts en 2015.  

La rupture d'un barrage du complexe minier de Córrego do Feijão, qui en compte trois au total, a eu lieu vendredi.

Un bilan humain très lourd redouté

Une véritable marée de boue de couleur marron aux reflets grisâtres recouvrait d'immenses surfaces de végétation, et de nombreuses maisons ont été détruites. 

"La plupart des personnes touchées sont nos employés", a affirmé le PDG de Vale, Fabio Schvartsman, lors d'une conférence de presse.  La cantine des ouvriers a été engloutie par la coulée de boue à l'heure du déjeuner.  

"La tragédie environnementale devrait être moindre que celle de 2015, mais la tragédie humaine bien plus importante", a conclu le dirigeant, dont l'entreprise était également impliquée dans un drame d'il y a trois ans et deux mois similaire.  

Une catastrophe pour la biodiversité

Ce barrage retient 11,7 millions de litres d'eau contenant des résidus de minerai de fer de couleur rouge. 

En 2015 le même type de catastrophe s'était produit.  48 millions de m3 de boues rouges s'étaient répandues dans la vallée du Rio Doce sur un parcours de 650 km, et avait détruits des villages, des sites naturels et des zones de pêche, avant d'arriver dans l'océan Atlantique. A l'époque on estimait que c'était la pire catastrophe écologique dans l'histoire du Brésil. Cette fois, avec la rupture du barrage du 25 janvier, la compagnie minière estime que ce sera "moins grave". Mais lorsque ces boues rouges se déversent sur un écosystème, la biodiversité met des dizaines d'années à se reconstituer.

"C'est incroyable que trois ans et deux mois après Mariana, un autre accident avec les mêmes caractéristiques ait lieu dans la même région", s'est insurgé Greenpeace dans un communiqué.

Les actions de Vale ont chuté de plus de 8% à la clôture de la Bourse de New York, après avoir plongé dans un premier temps de plus de 11% à l'annonce de cette nouvelle tragédie.  Le site internet d'informations G1 a affirmé que la Justice du Minas Gerais avait ordonné de bloquer des comptes bancaires totalisant un milliard de reals (233 millions d'euros) en prévision de l'indemnisation des victimes.                              

Selon le gouvernement du Minas Gerais, une centaine de pompiers a été mobilisée et plusieurs dizaines hélicoptères ont été utilisés pour les secours.  Le président Jair Bolsonaro a affirmé qu'il se rendrait au Minas Gerais samedi pour survoler la zone du désastre dans la matinée.  "Nous allons constater les dégâts pour prendre toutes les mesures nécessaires pour atténuer la souffrance des familles de possibles victimes, ainsi que les problèmes environnementaux", a affirmé le chef de l'État lors d'un point presse depuis Brasilia.                      

À une quinzaine de kilomètres du barrage, le site d'Inhotim, plus grand musée à ciel ouvert du monde avec sa collection d'art contemporain, a été évacué "par précaution". Ce haut lieu du tourisme brésilien accueille environ 35.000 visiteurs par mois.      

La rupture du barrage s'est produite près de la localité de Vila Ferteco, non loin de la ville de Brumadinho.
La rupture du barrage s'est produite près de la localité de Vila Ferteco, non loin de la ville de Brumadinho. © Visactu / .
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