Sur fond de Brexit, les 27 dirigeants européens ont célébré samedi les 60 ans du traité fondateur de l'Union européenne à Rome, se réengageant pour faire "durer" l'Europe.

Lors de la signature de la "Déclaration de Rome", poour les 60 ans du traité fondateur de l'Union Européenne, Jean-Claude Juncker a promis un avenir pour l'Europe
Lors de la signature de la "Déclaration de Rome", poour les 60 ans du traité fondateur de l'Union Européenne, Jean-Claude Juncker a promis un avenir pour l'Europe © AFP / Andreas SOLARO

A Rome, 60 ans jour pour jour après la signature du traité fondateur de l'Union européenne, les dirigeants des pays membres ont affirmé ce samedi leur volonté de se remobiliser. Un acte symbolique, en l'absence de la Première ministre britannique Theresa May, qui lance mercredi prochain la complexe procédure de séparation d'avec le bloc européen.

"Prouvez aujourd'hui que vous êtes les dirigeants de l'Europe", a lancé le président du Conseil européen, Donald Tusk aux 27 chefs d'Etat et de gouvernement réunis au Capitole, dans la même salle des Horaces et des Curiaces où fut signé le traité fondateur de l'Union européenne le 25 mars 1957.

► ECOUTER | Le reportage de Mathilde Imberty à Rome

"Avenir commun"

"Il y aura un 100e anniversaire de l'UE", a prédit à cette occasion le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker à son arrivée. "Il y a des signatures qui durent", a -t-il poursuivi, en paraphant ce document, la "Déclaration de Rome", avec le même stylo utilisé il y a 60 ans par son prédécesseur luxembourgeois.

En 1957, l'Allemagne, la France, l'Italie et les pays du Benelux (Belgique, Pays-Bas, Luxembourg) s'engageaient à "établir les fondements d'une union sans cesse plus étroite entre les peuples européens". Mais "nous nous sommes arrêtés et cela a provoqué dans l'opinion publique une crise de rejet, cela a fait refleurir les nationalismes qu'on pensait relégués aux oubliettes", a déclaré avant la cérémonie de signature le chef du gouvernement italien Paolo Gentiloni.

Il a aussi assuré que "nous avons appris la leçon, l'Union choisit de repartir".

Dans leur déclaration, les 27 réaffirment que leur "Union est une et indivisible", en réponse explicite au Brexit. "L'Europe est notre avenir commun", conclut la déclaration.

Défiance populaire

C'est pourtant une Europe critiquée qui célèbre son 60e anniversaire, confrontée à la défiance populaire. Quelque 30.000 manifestants - pro et anti-UE - sont ainsi attendus samedi dans le centre de la cité, bouclé par d'importantes forces de l'ordre.

"Certains Etats doivent diminuer leur suprématie, c'est ainsi que l'on conservera la paix en Europe et qu'on lui construira un avenir", a estimé une des manifestantes pro-européennes, Désirée Gargiulo 18 ans, lycéenne de Venise.

Brexit, mais aussi vagues migratoires, marasme économique, attentats djihadistes et repli identitaire : conçue à six pour reconstruire l'Europe après la Seconde Guerre mondiale, l'Union à 27 traverse la pire crise de son histoire.

Une Europe à "rythmes différents"

Mais au-delà des vœux pieux, la "Déclaration de Rome" de samedi elle-même n'a pu échapper aux divisions qui opposent les Européens, notamment ceux de l'Ouest et de l'Est. Ainsi, l'Europe à "plusieurs vitesses", le contentieux le plus disputé, est devenue dans la Déclaration de Rome une Europe à des "rythmes différents".

Les 27 s'engagent à "agir de concert, si nécessaire à des rythmes différents et avec une intensité différente, tout en avançant dans la même direction, comme nous l'avons fait par le passé, conformément aux traités et en laissant la porte ouverte à ceux qui souhaitent se joindre à nous plus tard".

Un paragraphe minutieusement rédigé pour tenter de rassurer la Pologne et les autres pays réticents, qui redoutent d'être exclus du "club" en raison de leur opposition récurrente aux projets de Bruxelles, en ce qui concerne par exemple les politiques migratoires.

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