Les démentis se succèdent à la Maison-Blanche après la publication d'une tribune d'un haut responsable anonyme. L'ambiance est à la paranoïa et à la suspicion au plus haut sommet de l'État.

Ça brûle à la Maison-Blanche
Ça brûle à la Maison-Blanche © Maxppp / Alexandre MARCHI

Tout le monde soupçonne tout le monde. Depuis la publication exceptionnelle d'une tribune anonyme dans le New York Times (le journal admettant ne jamais se prêter à cet exercice mais affirmant dans ce cas précis connaître l'auteur et être sûr qu'il s'agit bien de quelqu'un travaillant à la Maison-Blanche) mercredi, la question dans toutes les têtes est de savoir qui en est l'auteur ? Qui a écrit, entre autres :

Je fais partie de la résistance au sein de l'administration Trump

L'auteur se présente comme un républicain et affirme qu'il ne s'agit pas pour lui de soutenir la démarche des démocrates, mais de protéger son pays contre le comportement de son 45e président, qu'il décrit comme une personne dénuée de morale. 

Il affirme également faire partie d'un groupe de collaborateurs engagés à faire ce qu'ils peuvent pour préserver les institutions démocratiques tout en contrecarrant les impulsions les plus malencontreuses de Donald Trump jusqu'à ce qu'il ait quitté son poste.

Il qualifie le style de leadership de "mesquin", "impétueux" et "inefficace". 

Le président des États-Unis a dénoncé au réveil le comportement de "la gauche" et des "Fake News Media". 

Il avait auparavant tweeté un simple mot : "TRAHISON ?" 

Ce tweet de Donald Trump signifie clairement que la personne derrière cette tribune risque gros si son identité est découverte. 

Trump a appelé le quotidien à dénoncer "immédiatement" ce "lâche", au nom de la sécurité nationale.

Parmi les autres figures de l'administration Trump suspectées figurent le directeur de cabinet John F. Kelly et la conseillère du président Kellyanne Conway.

CNN de son côté dresse une liste de 13 auteurs potentiels, dont Ivanka, la fille du président, et son mari, Jared Kushner, ou encore Melania, sa femme. 

La Maison-Blanche, "déçue mais pas surprise"

La porte-parole la Maison-Blanche, Sarah Sanders, s'est elle dite "déçue mais pas surprise" par une tribune "pathétique, irréfléchie et égoïste". 

Près de 62 millions de personnes ont voté pour le président Donald J. Trump en 2016 (...). Aucune d'entre elles n'a voté pour une source lâche et anonyme du "New York Times" en faillite

Selon elle, l'auteur de ce texte "fait passer son ego avant la volonté du peuple américain". 

"Ce lâche devrait faire la seule chose qui s'impose et démissionner", a-t-elle conclu, réitérant les propos de Donald Trump.  

D'ailleurs, le nom de Sarah Sanders comme auteur de l'éditorial anonyme a circulé.  

Le vice-président dément

L'équipe de Mike Pence a pris soin de préciser jeudi qu'il n'avait pas signé la tribune anonyme.

Le vice-président signe les tribunes qu'il écrit

Une justification apportée par un tweet de Jarrod Agen, directeur de la communication de Mike Pence. 

Le secrétaire d'État dément

Le secrétaire d'État (ministre des Affaires étrangères) Mike Pompeo a nié lui aussi être l'auteur de la "triste" tribune.  

Personne ne devrait être surpris que le "New York Times", un journal libéral qui a attaqué sans relâche cette administration, ait choisi de publier un tel article. Il n'est pas de moi

Les responsables du journal "n'auraient pas dû choisir de prendre pour argent comptant les opinions d'un mauvais acteur mécontent et déloyal".

"Si vous n'êtes pas en position d'exécuter le projet du chef, vous n'avez qu'une option : partir. Et au lieu de cela, cette personne, selon le New York Times, a choisi non seulement de rester mais de saper ce que le président Trump et son administration essayent de faire."

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