manifestation antinucléaire à tokyo, deux ans après fukushima
manifestation antinucléaire à tokyo, deux ans après fukushima © reuters /

C'est le troisième anniversaire de la catastrophe de Fukushima, le pire sinistre nucléaire depuis celui de Tchernobyl. Le site est toujours un immense chantier de déconstruction et de décontamination. Mais une partie de la zone interdite de 20 kilomètres autour de la centrale va être réouverte (460 kilomètres carrés).

Fukushima, c'est un bilan officiel de 15.880 morts et 2.694 disparus, auxquels s'ajoutent 2.300 personnes décédées à cause de la dégradation de leurs conditions de vie. Toute une région dévastée et, a priori, inaccessible pour un long moment encore. Et pourtant, une petite zone autour de la centrale va de nouveau voir passer des habitants.

Le reportage de Nathalie Fontrel

Les évacués de Fukushima vont être autorisés à rentrer chez eux sur des terres qui ont été décapées pour réduire la contamination. Vivre là expose à une dose annuelle de 20 millisiverts , l'équivalent de la dose maximlae autorisée pour les travailleurs du nucléaire. Ce retour se fera sur la base du volontariat.

"Il se fera avec une information sur les risques de cancer qui pourraient se déclarer dans plusieurs décennies, et sur la façon de baisser l'exposition", explique Jean-René Jourdain, radiobiologiste à l'IRSN. "En forêt il ne faut pas consommer les baies sauvages, les champignons, le gibier... Les personnes doivent le savoir."

Le Japon doit aussi régler le problème de l'eau contaminée stockée sur le site accidenté : l'équivalent de plus de 130 piscines olympiques.

Pour Thierry Charles, chargé de la sûreté à l'IRSN, "La seule solution c'est de rejeter l'eau dans l'océan après traitement. Mais certains radioéléments, comme le tritium, ne pourront pas être éliminés. C'est l'un des seuls en quantité notable et cela devrait se comparer avec les rejets de la centrale quand elle fonctionnait." Quant aux réacteurs accidentés, il faut encore inventer les bras robotisés qui permettront de vider le combustible fondu. Ce ne sera pas avant 2020.

Le "dernier homme" de Fukushima en visite en France



Après la castrophe, le 11 mars 2011, un agriculteur de 54 ans n'a pas voulu quitter sa ferme située dans la zone interdite de 20 kilomètres autour de la centrale accidentée.

Tout le monde a évacué (20.000 personnes au total), pas lui. Nathalie Fontrel l'a rencontré.

► ► ► A VOIR | Google Maps propose depuis un an des visites virtuelles de la zone contaminée

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