C’est une des particularités du système politique américain, le "président élu" ne pourra s'installer dans le bureau ovale, et aux commandes du pays, que le 20 janvier

Donald Trump dans le bureau ovale, ou du moins dans sa réplique au Musée Gérald Ford en septembre dernier
Donald Trump dans le bureau ovale, ou du moins dans sa réplique au Musée Gérald Ford en septembre dernier © Reuters / Jonathan Ernst

L'Inauguration Day

C’est le vendredi 20 janvier à midi, heure de Washington (19h00 à Paris), que Donald Trump prêtera serment au pieds du Capitole, et prononcera les phrases, désormais célèbres, que les 44 présidents précédents ont dites avant lui :

I do solemnly swear that I will faithfully execute the office of President of the United States, and will to the best of my ability, preserve, protect, and defend the Constitution of the United States. Je jure solennellement que j'exécuterai loyalement la charge de président des États-Unis et que du mieux de mes capacités, je préserverai, protégerai et défendrai la Constitution des États-Unis'

C’est après ce serment que celui qui est actuellement le ''président élu'', deviendra le ''président'' tout court. Donald Trump fera à cette occasion, sur les marches du Capitole, son premier grand discours en tant que président, censé donner le ton de la politique de la nouvelle administration.

Deux présidents américains durant deux mois et demi

C’est une des particularités du système politique américain, hérité de la période où les voyages étaient compliqués et extrêmement longs. Au départ la période entre l’élection et l’entrée en fonction était même de quatre mois. Elle n’a été ramenée à 11 semaines que depuis 1933.

Durant cette période, tout est prévu par le Presidential Transition Act. Le président sortant continue de gérer les affaires courantes, alors que le président élu prend connaissance des dossiers et prépare les réformes censées marquer les orientations de son mandat et d'abord des 100 premiers jours de sa présidence. En la matière, Barack Obama avait été particulièrement efficace lors de son premier mandat, en signant neuf décrets présidentiels dans les deux premières semaines, avant de s’attaquer à des textes de loi qui se voulaient un marquer de sa présidence et de ses promesses électorales.

Durant la transition, le président élu doit également construire son gouvernement et son administration. Entre 3 000 à 4 000 postes devraient être renouvelés au sein des services publics, l’appareil administratif fédéral et des agences fédérales dans le cadre du spoils system (système des dépouilles).

La passation de pouvoir est généralement gérée par une équipe constituée en amont. On connait celle, désormais inutile d’Hillary Clinton. Trump, lui, avait prévu de confier cette responsabilité à Chris Christie, gouverneur du New Jersey mais la condamnation de deux membres de son entourage dans le New Jersey, pour avoir provoqué des embouteillages monstres pour punir un maire adversaire politique, pourrait le mettre en difficulté pour assumer cette charge.

Donald Trump n'a jamais exercé de mandat politique. Il a fonctionné pendant sa campagne avec une équipe resserrée, à l'écart des actuelles élites politiques et gouvernementales Cette période avant la prise de fonction sera donc d’autant plus importante pour lui, afin de lui permettre de renouer des contacts avec les républicains parmi lesquels se trouvent probablement plusieurs de ses futurs ministres.

Une visite à la Maison blanche très discrète

Barack Obama a proposé dès le lendemain de l'élection à Donald Trump de le rencontrer dès jeudi "pour faire le point sur le planning de transition sur lequel son équipe travaille depuis presque un an". Trump est arrivé en voiture, à 11H00 (16H00 à Paris), à l'abri des regard des journalistes, pour une rencontre dans le bureau ovale dont il n'y a aucune image, au grand désespoir des télés américaine, durant presque trois heures. Jusqu'à ce tweet.

Devant les photographes et les cameramen, autorisés à pénétrer pendant quelques minutes dans le bureau oval à la fin de la rencontre, Barack Obama a fait état d'une "excellente conversation" et a promis de faire "tout son possible" pour la réussite du nouveau président. Donald Trump a dit, pour sa part, être "impatient de travailler avec le président" sortant et de recevoir "les conseils" de celui qu'il avait qualifié de "président le plus ignorant de l'histoire". Le porte-parole de Barack Obama a décrit la rencontre comme "un peu moins étrange que ce à quoi certains s'attendaient".

Toutes les transitions ne se passent pas toujours très bien

Si Barack Obama a déclaré mardi "Je veux m'assurer que tout se passe bien car, au final, nous faisons tous partie de la même équipe", il n’en va pas toujours de même lors de toutes les passations de pouvoirs.

Stéphanie Gruet note dans "La passation des pouvoirs présidentiels aux États-Unis : Le Presidential transition act " que le manque de fair-play du président sortant est un travers politique connu depuis… 1802 et la passation de pouvoirs entre John Adams et Thomas Jefferson. Plus proches de nous, la transition entre l’administration de Bill Clinton et celle de George W. Bush en 2001, a été l’occasion d’actes de vandalisme, dommages et vols, chiffrés à plusieurs milliers de dollars. Souvenez-vous, c’est cette année-la que les "W" avaient été retirés de beaucoup de claviers d’ordinateurs...

Passion archives

Durant cette période, l’administration sortante compile les archives –et on a encore vu avec la récente affaire Clinton combien cela est important aux Etats-Unis -. Les archives nationales vont donc prendre possession de toutes les notes, tous les manuscrits, tous les emails et même de tous les tweets du compte de la présidence : @POTUS (acronyme de "President of the United States"), et également de tous les tweets reçus sur le compte. Le même système sera appliqué au compte de Michelle Obama @FLOTUS et à celui du vice-président Joe Biden @VP. Les tweets du président seront également transférés sur le compte @POTUS44 géré par les archives nationales.

Donald Trump héritera lui des 11 millions d'abonnés de Barack Obama, le deuxième président le plus ''suivi du monde''. Ce "capital numérique" ne se limite pas à Twitter mais à pratiquement tous les réseaux sociaux comme Facebook, Instagram, Snapchat, etc.

Et lorsqu'il sera enfin "le président"...
Et lorsqu'il sera enfin "le président"... © AFP
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