A cinq jours de son arrivée à la maison Blanche, Donald Trump s’est adressé à l’Europe à travers deux entretiens donnés à la presse allemande et britannique.

Donald Trump a accordé un premier entretien à la presse allemande et britannique, paru le 16 janvier 2017.
Donald Trump a accordé un premier entretien à la presse allemande et britannique, paru le 16 janvier 2017. © Reuters / Shannon Stapleton

La main tendue vers la Russie, "l'erreur catastrophique de Merkel" sur les migrants, l'Otan "obsolète", ou le "succès" du Brexit qui verra d'autres pays quitter l'UE : le président américain élu Donald Trump a réalimenté la machine à polémiques dans des entretiens donnés dimanche à la presse européenne, et qui ont été publiés ce lundi 16 janvier, dans les colonnes du Times britannique et du Bild allemand. Tous deux ont été reçu dans les bureaux du futur président, au 26e étage de la Trump Tower à New York, où ils ont pu, pendant cet entretien de cinquante minutes, balayer de nombreuses thématiques, avec, comme à l’école, une distribution de blâmes et des encouragements.

Le Brexit, "une chose géniale"

La Grande-Bretagne est la principale abonnée aux bons points de cet entretien. Le milliardaire, "grand fan des britanniques", estime que le Brexit est "une chose géniale" : il prédit également que d'autres membres de l'UE choisiront de quitter le bloc comme le Royaume-Uni l'a décidé en juin dernier. Le futur président des États-Unis a par ailleurs fait part de sa hâte à rencontrer Theresa May, à la tête du gouvernement britannique, et fait miroiter de conclure rapidement de nouveaux accords commerciaux.

"Nous ne voulons pas que des gens de Syrie viennent chez nous"

Donald Trump, après le Brexit, en a profité pour mettre dans son viseur la politique d’accueil des réfugiés pratiquée par l’Allemagne, et mettre quelques coups de règles bien sentis sur les doigts de la chancelière et de sa politique migratoire : "Nous ne voulons pas que des gens de Syrie viennent chez nous, des gens dont nous ignorons qui ils sont", explique Donald Trump qui explique avoir "beaucoup de respect" pour Angela Merkel, mais trouve que ce qui s’est passé là-bas ‘très malheureux’ : "Vous savez que j’aime l’Allemagne, parce que mon père venait d’Allemagne. Mais je ne veux pas qu’on se retrouve dans la même situation. Nous avons déjà assez de problèmes comme ça".

L’OTAN "obsolète"

L' ultime avertissement est lancé à l'OTAN, organisation importante mais obsolète, qu’il accuse de ne pas s'être occupée du terrorisme. Trump appelle le Royaume-Uni à systématiser le véto au conseil de sécurité lorsqu'il s'agira d'Israël, et précise que son beau-fils aura la charge de négocier un accord de paix au Proche-Orient.

Le choix de ses interlocuteurs (Bild allemand, Times britannique), dit bien que Trump a fait son choix parmi la presse européenne : la France n'en est pas, ce qui traduit tout son poids (plume) aux yeux du successeur de Barack Obama.

Pour le reste, Donald Trump défouraille tout azimut et sans beaucoup de cohérence : critiques à l’égard de la Russie pour son intervention dans la guerre civile en Syrie, ou pour son alliance avec l'Iran, quand le nouveau président américain promet aussi à Poutine une levée des sanctions en échange d'un accord nucléaire. Si l'on ajoute les tweets sur l'unicité de la Chine pas automatique, la CIA qui lui doit des excuses ou les attaques contre l'îcone des droits civiques, on peut dire que la semaine de l'investiture commence fort...

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