Joe Biden et Donald Trump ont tenu leurs derniers grands meetings lundi. Le candidat démocrate concentre ses efforts sur la Pennsylvanie, tandis que Donald Trump joue les superstitieux.

Joe Biden à Pittsburgh le 2 novembre pour son dernier meeting en Pennsylvanie, un Etat clé de l'élection 2020
Joe Biden à Pittsburgh le 2 novembre pour son dernier meeting en Pennsylvanie, un Etat clé de l'élection 2020 © AFP / JIM WATSON

C’est enfin le jour du vote aux États-Unis. Même si cette année, l’élection est particulière en raison de l’épidémie de Covid-19, plus de 97 millions d’Américains ont déjà voté par correspondance, soit plus de 70 % du nombre total d’électeurs de 2016. La campagne abrasive, dans une Amérique fracturée, s’achève. Les candidats feront quelques interventions mardi, mais pas de grands rassemblements. 

Biden en Pennsylvanie, là où tout a commencé

Cette année encore, la Pennsylvanie qui compte 20 grands électeurs, est un état pivot de l'élection. Trump l’avait emporté de justesse en 2016 et espère réitérer l’exploit. En raison du risque sanitaire, de nombreux électeurs ont choisi de voter par correspondance et en Pennsylvanie, les votes sont pris en compte jusqu’à trois jours après l'élection. Joe Biden et son équipe s’efforcent donc de faire passer ce message :  "Tous les votes comptent", et jusqu’au dernier moment.

Selon Farida Nouar, reporter de Radio France en Pennsylvanie, Joe Biden a pour l'instant 5 points d'avance dans cet état très ouvrier. "C'est plus compliqué dans les zones rurales, plus républicaines : ici, pour beaucoup de mineurs, impossible de voter pour quelqu'un qui va leur faire perdre leur job. Ici, impossible de parler de parler de l'extraction du gaz de schiste par exemple, ce serait suicidaire", explique-t-elle sur France inter.

Joe Biden, né en Pennsylvanie en 1942, a choisi Pittsburg pour son dernier grand meeting. C’est dans cette ville qu’il avait débuté sa campagne il y a dix-huit mois. Lundi, en mode drive-in, dans leurs voitures pour respecter les gestes barrières, les militants ont écouté le candidat démocrate leur demander de "se relever" et de "reprendre" le contrôle de la démocratie. 

Le pouvoir est entre nos mains, Pennsylvanie. Il est temps pour Donald Trump de faire ses valises et de rentrer chez lui !

Pour mobiliser les jeunes électeurs, Joe Biden a fait venir la chanteuse Lady Gaga.

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L’équipe de Joe Biden était aussi présente dans d'autres villes de Pennsylvanie, comme Philadelphie avec un meeting de la colistière de Biden, Kamala Harris, et en banlieue où son mari Doug Emhoff lance aux militants : "Nous avons choisi la Pennsylvanie pour une raison : nous devons gagner ici !  Et ma femme, l’amour de ma vie, Kamala Harris sera votre prochaine vice-présidente !" Joe Biden a prévu de rester mardi en Pennsylvanie, dans la ville natale Scranton et à Philadelphie. Le candidat démocrate fera des interventions, une démarche légale mais peu habituelle. 

Trump dans le Michigan, par superstition 

Donald Trump le 2 novembre lors de son dernier meeting à Grand Rapids dans le Michigan
Donald Trump le 2 novembre lors de son dernier meeting à Grand Rapids dans le Michigan © AFP / BRENDAN SMIALOWSKI

En 2016, lorsque Donald Trump a remporté l’élection, à la surprise générale, il avait fait son dernier meeting à Grand Rapids, dans le Michigan. Un État démocrate depuis 1988 que le Républicain avait réussi à remporter. Cette année, il finit aussi à Grand Rapids, "on a fini là-bas il y a quatre ans. Je suis un peu superstitieux. On va faire pareil".

Dans cette ville industrielle, comme lors de tous ces meetings (17 en quatre jours), le président sortant, annoncé perdant dans les sondages, fait fi des chiffres et promet "une magnifique victoire".  Certains supporters ont fait la queue dix heures dans le froid pour entendre Donald Trump, raconte la reporter de France Inter sur place Mathilde Dehimi.

Devant eux, Donald Trump déroule ses sujets favoris : la bonne santé de l’économie, les baisses d’impôts, les "attaques infondées" contre sa personne, des thèmes chers à sa frange complotiste et qui font vivement réagir la foule, constate l’envoyée spéciale. Le président sortant remercie son vice-président Mike Pence venu en surprise chauffer la foule. Plus rare, il a également un mot pour sa famille et ses enfants qui ont fait beaucoup de meetings. Un message avec un trait d’humour peut-être sous forme de regret : "Peu importe ce qui va se passer demain, je suis très fier de vous tous. Mais si vous ne gagnez pas, je ne vous parlerai plus jamais". 

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Donald Trump indique qu'il passera mardi par son QG de Virginie.

Des avocats prêt à batailler

Depuis la crise du Covid-19, qui a fait chuter Donald Trump dans les sondages, le républicain menace de ne pas reconnaître les résultats de l’élection s’il venait à perdre. Lundi, il a de nouveau attaqué le mode de vote par correspondance qui facilite une "vaste fraude" selon lui. Le président sortant a laissé entendre qu’il enverrait ses avocats dans les Etats qui dépouilleront les bulletins arrivés après le jour de l’élection. Sur Twitter, il a attisé une fois de plus la haine, affirmant que la possibilité de compter les votes même après le jour de l’élection allait "entraîner des violences dans les rues". Un message annoté par le réseau social comme "contesté" et "pouvant être trompeur". 

De son côté, Joe Biden tente de dédramatiser et prédit une victoire rapide. "J'espère une élection claire, pacifique", a dit le candidat démocrate lundi. Le camp Biden, tout comme le camp Trump, a mis sur pied des équipes d'avocats prêts à en découdre sur le plan juridique. Le résultat pourrait en effet prendre du temps à se dévoiler. Le dépouillement pourrait prendre des jours voire des semaines dans certains Etats (en 2000, Bush avait pu annoncer sa victoire le 12 décembre). Les républicains devraient massivement voter ce mardi, alors que les démocrates ont choisi le vote par correspondance. Ce qui pourrait conduire à une situation déstabilisante mardi soir : Trump annonçant sa victoire, alors que de nombreux bulletins n'ont pas été dépouillés.

Les festivités auront aussi un goût particulier à cause de la pandémie. D'après le New York Times, Donald Trump va organiser une soirée à la Maison Blanche et souhaite inviter jusqu'à 400 personnes. Joe Biden sera quant à lui dans son fief du Delaware, à Wilmington, et annonce qu'il fera une déclaration.