Le président des États-Unis Donald Trump doit annoncer ce mardi son plan de relance des centrales à charbon qui mettrait de facto fin au "Clean Power Plan" d'Obama.

Donald Trump "creuse" le charbon ("Trump digs coal") en meeting à Charleston, en pleine campagne présidentielle, le 5 mai 2016.
Donald Trump "creuse" le charbon ("Trump digs coal") en meeting à Charleston, en pleine campagne présidentielle, le 5 mai 2016. © BBC / capture d'écran Youtube

Son "make America great again" avait fait le tour de la planète, "Trump digs coal" ("Trump creuse le charbon") était lui resté plus confidentiel. L'autre slogan de la campagne présidentielle de Donald Trump va pourtant se concrétiser. En visite en Virginie-Occidentale, le président des États-Unis doit présenter ce mardi une série de mesures en faveur de l'industrie très polluante du charbon.

Grand meeting ce soir en Virginie-Occidentale (...) CHARBON PROPRE!!!! 

Une annonce qui aura lieu deux ans après le meeting de Donald Trump dans cet État minier sinistré, l'un des plus pauvres du pays, où l'on compte par ailleurs le plus de climatosceptiques. Le candidat républicain, coiffé d'un caque de mineur, promettait alors de redonner du travail aux ouvriers du charbon. Le 8 novembre 2016, la Virginie-Occidentale votait à près de 70% pour Donald Trump. 

La fin du "Clean Power Plan" d'Obama

Le nouveau plan permettrait aux États américains de fixer eux-mêmes leurs limites et leurs objectifs en termes de production de gaz polluants ou à effet de serre. Il annule et remplace donc les mesures du plan de lutte contre le changement climatique de Barack Obama, accusé par l'administration Trump de donner trop de pouvoir à l'Agence de protection environnementale.

Les émissions de dioxyde de carbone vont continuer à baisser avec notre plan, mais de façon légale et dans le respect de chaque État.

Selon la  National Mining Association , l'abrogation du plan Obama sauvera 27700 emplois de mineurs, voire jusqu'à 100 000 employés directs et indirects du secteur. Il relâchera également 12 fois plus de dioxyde de carbone dans l'atmosphère, selon le Washington Post.

Un déclin pourtant inéluctable

Mais selon une enquête du Wall Street Journal, les grandes sociétés d'électricité américaines vont poursuivre leurs investissements dans les énergies renouvelables. Les États-Unis ont beau être le deuxième producteur mondial de charbon (et troisième consommateur), ces sociétés incluent désormais la lutte contre le changement climatique dans leur stratégie d'entreprise. Et la politique d'un président climatosceptique ne semble rien pouvoir y changer.

Ce n'est pas en "(tordant) le cou au Clean Power Plan" que Donald Trump "ramènera le charbon" estime James Van Nostrand. Ce professeur de droit à l'Université de Virginie-Occidentale, cité par le Charleston Gazette-Mail, pense que "ce n'est pas le plan d'Obama qui a tué le charbon" mais le prix du gaz naturel, bien moins élevé que celui-ci.

Bien que près d'un quart des réserves prouvées mondiales de charbon se trouvent aux États-Unis, le pays n'est que le deuxième producteur mondial (371,3 millions de TEP en 2017), loin derrière la Chine (1 747,2 millions). L'Australie (297,4 millions) et l'Inde se disputent la troisième place devant l'Indonésie (271,6 millions) et la Russie (206,3 millions).

La Chine est donc logiquement le premier consommateur mondial (1 892,6 millions de TEP en 2017), devant l'Inde (424 millions) et les États-Unis (332,1 millions). Le Japon s'invite au pied du podium (117,7 millions) devant la Russie (92,3 millions). L'Indonésie, pourtant quatrième producteur mondial, n'est que le neuvième consommateur mondial (57,2 millions), derrière la Corée du Sud, l'Afrique du Sud et l'Allemagne.

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