Donald Trump s'est emparé de la crise des "gilets jaunes" française pour assurer sa propre promotion. Les médias de droite et d'extrême-droite lui emboîtent le pas.

Les photos d'incendies lors des manifestations des "gilets jaunes" du 1er décembre sont les plus utilisées par la droite américaine
Les photos d'incendies lors des manifestations des "gilets jaunes" du 1er décembre sont les plus utilisées par la droite américaine © Getty / Etienne De Malglaive

La crise des "gilets jaunes" est la seule actualité internationale qui ait une place dans les médias américains de droite et d'extrême-droite ces jours-ci. Le reste est occupé par le décès et les obsèques de George Bush père. 

Donald Trump n'a pu s'empêcher de s'emparer du sujet 

Mardi 4 décembre, sur Twitter, il se dit "ravi de voir que son ami Emmanuel Macron et les manifestants à Paris sont d'accord avec ses propres conclusions. L'Accord de Paris est mauvais car il augmente le prix de l'énergie dans les pays qui prennent leurs responsabilités alors qu'il exonère certains des plus gros pollueurs au monde". 

Donald Trump a fait encore plus fort en retweetant à ses 56 millions d'abonnés une fausse information, envoyée par un jeune activiste de l'alt-right, le commentateur Charlie Kirk. Selon lui, "les émeutes dans cette France socialiste sont provoquées par des taxes d’extrême-gauche sur le carburant". Il parait même, toujours selon Kirk, que dans les rues de Paris, les manifestants scandent  :

Nous voulons Trump !

Sur Fox News, les observateurs analysent des "émeutes" qui "durent depuis trois semaines" 

Les médias de la droite conservatrice américaine suivent le mouvement de prés, images impressionnantes à l'appui.  

Pour eux, "Emmanuel Macron est mondialiste et les gilets jaunes lui reprochent de ne pas s'intéresser aux Français"

Ce que veulent ces manifestants, c’est que les travailleurs français soient défendus par leur président, de la même manière que Donald Trump défend les travailleurs américains ! 

Dans l'émission politique Fox and friends sur Fox News, l’ultra conservateur Sebastian Gorka, éphémère conseiller de la Maison blanche, devenu consultant en sécurité intérieure de Fox News, livre son analyse. Il raille Emmanuel Macron "qui s'en est pris récemment à Donald Trump (sur le nationalisme), alors que ces jours-ci, il est mis en difficulté par les travailleurs français et pourrait être amené à déclarer l'état d'urgence".  

"Regardez dans le dictionnaire Monsieur le Président Macron, le nationalisme signifie la dévotion à son pays"

Selon Gorka, "les travailleurs français veulent que Macron les représente de la même manière que Trump représente les travailleurs américains. Mais Macron vient de démontrer qu'il n'est qu'un politicien comme les autres". 

Breitbart se délecte des manifestations

Le site d’information conservateur Breitbart News, dirigé par Steve Bannon, l'ancien conseiller de Donald Trump, consacre des dizaines d'articles sur les "gilets jaunes", depuis le début du mouvement. Des articles très pro-"gilets jaunes" et très anti-Macron :

"Macron est un garçon fou. Il paiera très cher sa folie !"

► LIRE | "Le Waterloo écolo de Macron" sur le site de Breitbart News (en anglais)

Extrait : 

"As the Gilets Jaunes protests in France catch fire, French President Emmanuel Macron is heading for his green Waterloo. And really, humiliation, defeat and — with luck — exile somewhere really remote just couldn’t happen to a more deserving candidate"

Alors que les manifestations des "gilets jaunes" s'enflamment en France, le président Macron prend le chemin de son Waterloo écolo. Et personne ne mérite plus que lui de subir humiliation, défaite et (avec un peu de chance) exil quelque part perdu au milieu de nulle part

"Les politiques écolos de Macron marqueront sa chute"

Les autres figures de l'alt-right aussi

Le conspirationniste Jack Posobiec (qui était à l'origine notamment des MacronLeaks), membre actif de l'alt-right américaine, régulièrement retweeté par Donald Trump, ne se gêne pas pour publier des photos montages :

"Pendant ce temps dans le mondialisme" (le mondialisme étant le mot utilisé par l'extrême-droite américaine pour qualifier la politique migratoire)

Tandis qu'une autre figure de l'ultra-droite, Mike Cernovich affirmait au lendemain des manifestations du 1 er décembre : "J'aimerais tellement être à Paris tout de suite !"

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