La marche des femmes a eu lieu ce samedi à Washington et dans de nombreux pays, dont la France. A Wahsington, les organisateurs estiment qu'il y a eu un million de manifestants.

L'une des manifestations contre Donald Trump ce samedi, devant l'ambassade des Etats-Unis à Accra (Ghana)
L'une des manifestations contre Donald Trump ce samedi, devant l'ambassade des Etats-Unis à Accra (Ghana) © AFP / CRISTINA ALDEHUELA

Teresa Shook a 60 ans, quatre petits-enfants. Elle est retraitée et vit à Hawaï. Le soir du 8 novembre 2016 lorsque Trump est proclamé vainqueur, elle poste un message sur une page Facebook pro-Hillary, Pantsuit Nation, disant son désarroi et proposant une manifestation de femmes à Washington lors de l'investiture. Elle crée un événement Facebook et va au lit. Dans une interview à Reuters, Teresa Shook affirme que le lendemain matin au réveil, elle croulait sous les réponses. D'autant qu'un activiste, Bob Land, avait eu la même idée d'une marche. Il lance le même appel sur Facebook et la contacte.

C'était de la folie tellement il y avait eu de réponses. Teresa Shook, à l'origine de la Marche des femmes.

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Des bonnets roses en signe de ralliement

Teresa Shook a ensuite décidé de se mettre en retrait. Et des mouvements de défense des droits des femmes ont pris le relais pour coordonner l'évènement. Ce samedi, quelque 200.000 personnes étaient attendues à Washington pour la plus grosse manifestation de ce mouvement. En début de journée, des utilisateurs de Twitter remarquaient des foules impressionnantes pour se rendre jusqu'au lieu de la manifestation : 275.000 passagers à 11h (heure locale), soit 82.000 de plus que vendredi pour les cérémonies d'investiture.

Au total, le nombre de manifestantes et de manifestants, partout dans le monde, est estimé à 2 millions de personnes, dont un million rien qu'à Washington, selon les organisateurs. Plusieurs personnalités, dont Madonna, qui a fait une apparition surprise, ont pris la parole.

A travers tout le pays, des femmes ont tricoté ces dernières semaines. Elles ont fabriqué des bonnets roses, des "pussyhats" (bonnets aux oreilles de minou), en référence aux propos tenus par Trump et enregistrés en 2005, ressortis dans la presse pendant la campagne.

Les femmes, tu peux les attraper par le sexe, elles te laissent faire. Donald Trump

Les organisatrices de la campagne Pussyhat tricotent les bonnets roses à distribuer à la marche des femmes
Les organisatrices de la campagne Pussyhat tricotent les bonnets roses à distribuer à la marche des femmes © Reuters

Les manifestantes ont porté ces bonnets en défilant, à Washington et dans d'autres villes américaines comme Los Angeles. Dimanche, Donald Trump a réagi à ces manifestations sur Twitter en demandant "pourquoi ces gens ne sont-ils pas allés voter ?", avant d'adopter un ton plus conciliant pour reconnaître que les manifestations pacifiques sont "une des marques de fabrique de notre démocratie".

Beyoncé

La star a annoncé son soutien à la marche de Washington, attirant des milliers de participants.

Des critiques

La marche a été accusée d'être trop "blanche" par des mouvements de défense des droits des Afro-Américains. Elle a également été accusée d'être fouillie, sans réels mots d'ordre. Sauf qu'au final, des centaines de milliers de personnes, en majorité des femmes, vont défiler à Washington et ailleurs dans le monde. Ce sera finalement une marche des minorités.

Des manifestations aussi en France

A Paris, cette Women’s March est partie du Trocadéro, à 14h, pour arriver aux environs de 15h30 devant le Mur de la Paix, en face de l'Ecole Militaire, où des prises de parole ont eu lieu jusqu'à 16h30. Le planning familial est partenaire. Plusieurs autres villes organisaient des manifestations similaires ce samedi :

Sauver Obamacare

Les républicains ont commencé à détricoter la loi de santé pour tous Obamacare comme l'avait promis Trump pendant sa campagne. Or, Obamacare protège les droits de tous, et notamment des femmes. Par exemple, le taux d'avortements n'a jamais été aussi bas aux Etats-Unis. Selon une étude du Guttmacher Institute, un think tank de défense des droits des femmes basé à New York. Le taux en 2014 est de 14,6 avortements pour 1 000 femmes en âge de se reproduire, soit trois points de moins qu'il y a trois ans. En 1979, le taux était de 29 pour 1000 femmes. Ce bas niveau atteint en 2014 serait dû, selon les porte parole du Guttmacher Institute, à Obamacare. Selon eux, l’accès facilité à des moyens de prévention des grossesses non désirées serait la raison principale de cette baisse.

Sondage : une majorité de personnes sont en faveur d'Obamacarepour la première fois depuis que la loi a été promulguée.

Les taux ne baissent pas forcément dans des Etats qui ont voté des lois restrictives contre l'avortement ces dernières années. Entre 2011 et 2015, 31 Etats ont voté quelque 288 lois qui obligent à des consultations pré avortement ou des périodes d'attente, qui s'attaquent au financement du planning familial local notamment.

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