Après les médias, après sa propre équipe, c'est au tour de plusieurs grandes entreprises américaines de s'inquiéter des tweets du futur président américain. Lui reste impassible.

USA 2016 : Donald Trump veut tweeter quand il en a envie
USA 2016 : Donald Trump veut tweeter quand il en a envie © Reuters / Mark Kauzlarich

Donald Trump a trouvé sa méthode préférée de communication : son compte Twitter et ses 17 millions de followers. Il a tweeté 34 000 fois depuis 2009, année de l'ouverture de son compte. Juste avant le scrutin du 8 novembre, son équipe lui avait même interdit de tweeter. Il ne gérait plus sa communication. Mais depuis, il est reparti de plus belle sur le réseau social. Et les gaffes s'accumulent.

Sa cible privilégiée : les médias

Voilà l'un des messages de Donald Trump postés sur Twitter, où il essaie de répondre aux critiques venues de son propre camp sur ses écarts de langage sur Twitter.

Traduction : "Si j'étais traité de manière plus juste et honorable par les médias, je ne tweeterais pas autant! Malheureusement je ne sais pas si ça arrivera un jour".

"J'ai essayé de regarder Saturday Night Live [émission satirique où Alec Baldwin joue Donald Trump]. Inregardable ! Parti pris, pas marrant et Baldwin pourrait difficilement être pire! Triste !"

Les entreprises en prennent pour leur grade

Trump n'a pas que les médias dans le collimateur. Il commence par annoncer de fausses informations sur Ford qui, grâce à lui, ne délocaliserait pas au Mexique et resterait au Mexique :

"J'ai travaillé dur avec Bill Ford pour garder l'usine de Lincoln dans le Kentucky. Je le devais au grand État du Kentucky pour leur confiance en moi !"

Très vite, l'information est démentie par l'entreprise. Ford n'a jamais envisagé de quitter le Kentucky.

Puis il menace les entreprises qui envisagent une délocalisation :

"Les États-Unis vont réduire les taxes et assouplir les régulations sur les entreprises. Mais une entreprise qui quitte le pays... vire ses employés, construit une usine à l'étranger et pense pouvoir revendre ses produits aux États-Unis, sans conséquence, a TORT. Elles seront taxées à 35 %."

"Rexnord en Indiana déménage au Mexique et va licencier ses 300 ouvriers. Ça se passe de partout aux États-Unis. Plus jamais !"

Trump va même jusqu'à annuler la commande d'un 747 à Boeing via Twitter :

"Boeing construit un 747 pour les futurs présidents américains. Plus de 4 milliards de dollars de coût. Annulons la commande!"

Les grands patrons s'inquiètent que Trump tweete d'abord puis pose des questions après s'il entend parler de projets qu'il n'aime pas, avec risque d'impact sur les cours de la Bourse, et risque de retourner l'opinion publique contre les entreprises avant qu'elles aient la possibilité de s'expliquer (Politico).

Les diplomates s'arrachent les cheveux

La présidente de Taïwan m'a appelé pour me féliciter d'avoir remporté la présidence. Merci !

"Intéressant de voir que les États-Unis vendent à Taïwan des milliards de dollars d'équipement militaire mais je ne devrais pas accepter un appel de félicitations."

Cette réponse de Trump a été postée après les critiques venant des États-Unis, puis de la Chine, qui s'était émue que le président américain élu accepte les félicitations de la présidence taïwanaise. La Chine revendique la souveraineté sur cette petite île, et les États-Unis soutiennent ce principe d'une seule Chine.

"Est-ce que la Chine nous a demandé si c'était bien de dévaluer leur monnaie, taxer lourdement nos produits arrivant dans leur pays (les États-Unis ne les taxent pas) ou de construire un complexe militaire massif en pleine mer de Chine ? Je ne crois pas !"

Élan spontané ou calcul politique?

La personnalité de Donald Trump étant imprévisible, il est difficile pour les analystes politiques américains de déterminer si ces tweets ne sont que des sautes d'humeur, envoyées dès que l'idée lui passe par la tête, ou les signes d'une vraie politique.

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