Ce n'est pas un scoop mais les encouragements de Rached Ghannouchi, le leader historique des islamistes tunisiens, aux salafistes d'étendre leur influence dans l'enseignement, dans les médias, dans les mosquées, éclaire d'une lumière crue le projet du parti majoritaire en Tunisie.

"Aujourd'hui, nous n'avons pas que quelques mosquées. Nous avons le ministère des affaires réligieuses (...) Je vous invite à faire tout ce que vous pouvez avec les cours de religion, à lancer des radios, des télévisions et ouvrir des écoles" , lance Ghannouchi à son interlocuteur salafiste dans cet entretien réalisé il y a quelques mois.

Le maître mot, c'est la patience. C'est la clé de la stratégie des islamistes, quelque soit le pays d'ailleurs. Ils travaillent sur le long terme et godillent au quotidien. Pour le camp libéral tunisien, c'est la preuve qu'Al-Nahda joue double jeu.

Fatma Ksila, militante des droits de l'homme

Le bras de fer continue donc entre ces deux visions de la Tunisie post-Ben Ali. Comme l'a dit récemment l'ancien Premier ministre Beji Caïd Essebsi, leader du parti l'Appel de la Tunisie : "la Tunisie est malade, et c'est à son peuple de trouver les médicaments et le traitement adéquat." Pour le moment, le pays n'a pas encore mis la main sur la potion magique...

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