Jour de vote en Tunisie
Jour de vote en Tunisie © REUTERS/Jamal Saidi / REUTERS/Jamal Saidi

Le parti islamiste "accepte le résultat" du scrutin qui a propulsé en tête l'alliance laïque Nidaa Tounes. Il appelle toutefois à la formation d'un gouvernement d'union où il pourrait siéger, aucun parti n'ayant obtenu la majorité absolue.

"Nous avons accepté ce résultat et félicitons le vainqueur ", lance Lofti Zitoun, membre de la direction du parti Ennahda. Il faut dire que selon les premiers résultats connus, l'alliance laïque Nidaa Tounes aurait une avance indéniable (80 sièges contre 67 pour les islamistes, selon un décompte préliminaire). "Nous menons et avec une avance confortable ", avait déjà déclaré un responsable de Nidaa Tounes, sans confirmer de chiffres. Le leader historique d'Ennahda, Rached Ghannouchi, a félicité le président de Nidaa Tounès, Béji Caïd Essebsi, pour sa victoire.

Thibaut Cavaillès est notre correspondant à Tunis

Le parlement tunisien compte 217 membres. Mais aucun camp ne semble pour l'instant en mesure de gouverner seul, avec une majorité absolue. Une période de tractations entre partis devrait donc s'ouvrir en vue de former un gouvernement de coalition. Les autorités électorales devaient annoncer les résultats officiels dans la journée. Les grands partis avaient déployé dimanche des observateurs dans la plupart des bureaux de vote pour superviser le dépouillement.

A Tunis, Yves Izard, l'envoyé spécial de France Inter, est allé recueillir les espoirs de la population à l'issue de ces élections :

Ces élections législatives et le scrutin présidentiel prévu en novembre et décembre doivent parachever la transition vers la démocratie et doter la Tunisie de nouvelles institutions, près de quatre ans après la "révolution de jasmin" qui a renversé Ben Ali et entraîné une série de "printemps arabes".

La Tunisie, une exception parmi les révolutions

Mais de tous les pays concernés, la Tunisie fait désormais figure d'exception. Malgré des violences imputées à des islamistes radicaux, dont le meurtre de deux responsables de l'opposition laïque en 2013, elle échappe en grande partie aux troubles, au chaos voire à la guerre civile dont sont victimes à des degrés divers l'Egypte, la Libye et la Syrie.

Elle s'est dotée en janvier d'une nouvelle constitution garantissant notamment la liberté de culte et l'égalité des sexes. Ce texte, salué par les pays occidentaux comme un modèle pour l'instauration d'un régime démocratique et respectueux des droits de l'homme, est le fruit d'un compromis au sein de l'Assemblée constituante élue en octobre 2011.

Ennahda avait alors remporté environ 40% des sièges et dirigé un gouvernement de coalition jusqu'à la crise politique qui a suivi l'assassinat de deux figures de l'opposition. Accusé de laxisme envers les extrémistes, le parti a accepté de céder le pouvoir à un gouvernement d'experts formé en janvier dernier par Mehdi Jomaâ, en attendant les nouvelles élections législatives.

La Tunisie depuis 2011
La Tunisie depuis 2011 © Radio France

Alors que la place de l'islam dans la société et la sphère politique était le thème majeur des élections de 2011, le scrutin de dimanche a été davantage dominé par l'économie, les questions sociales et la sécurité dans un pays qui dépend en grande partie de son activité touristique.

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