Béji Caïd Essebsi, 88 ans, ce dimanche 21 décembre.
Béji Caïd Essebsi, 88 ans, ce dimanche 21 décembre. © EPA/MAXPPP / STR

Béji Caïd Essebsi a revendiqué ce dimanche soir être le premier président tunisien librement élu. Victoire contestée par son adversaire, Moncef Marzouki, président sortant, alors que les résultats officiels doivent être connus dans la journée.

Pour l’heure, seul le taux de participation est connu : 59% sur l’ensemble de la Tunisie. L'instance électorale, l'ISIE a indiqué qu'elle ferait son possible pour que les résultats soient annoncés aujourd'hui. Au premier tour, le 23 novembre, Essebsi a obtenu 39% des suffrages contre 33% à Marzouki.

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Un scrutin sous surveillance

Un homme armé a été tué et trois autres arrêtés par les forces tunisiennes tard samedi soir devant un bureau de vote à quelques heures du début du second tour de l'élection présidentielle, a-t-on appris dimanche auprès du ministère de la Défense. L'attaque s'est produite dans le gouvernorat de Kairouan, dans le centre du pays. Les assaillants, qui circulaient à bord d'une voiture, ont ouvert le feu sur le bureau du vote. Les soldats ont riposté, précise-t-on de même source.

Les forces de sécurité ont été placées en état d'alerte en Tunisie, où des islamistes ont menacé de perturber le déroulement du second tour qui parachève la transition amorcée il y a quatre ans avec le soulèvement contre le régime de Zine ben Ali.

Des consignes de sécurité sont diffusées dans les bureaux de vote

Essebsi, le favori

Agé de 88 ans, Essebsi fut ministre dans le gouvernement d'Habib Bourguiba qui prit les rênes du pays en 1957 après l'indépendance négociée avec la France et les conserva pendant trente années. Ses adversaires l'accusent d'être une figure des régimes autocratiques du passé et voient dans sa candidature le risque d'un retour à l'"hégémonie d'un parti unique". Il doit surtout gommer le souvenir de son engagement dans le Rassemblement constitutionnel démocratique (RCD) de Zine ben Ali après le coup d'État de novembre 1987 et son passage à la présidence de la chambre des députés entre 1990 et 1991. Après cela, il s'était retiré de la vie politique.

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Marzouki, le président sortant

À l'inverse, Marzouki se voit reprocher son alliance avec les islamistes d'Ennahda qui lui a permis d'être élu président de transition il y a trois ans. Ancien opposant au régime de Ben Ali, exilé plusieurs années en France, il se présente lui comme le protecteur de la "révolution de jasmin" qui a déclenché le cycle des "printemps arabes". Le parti Ennahda, deuxième des législatives, avait choisi de ne pas présenter de candidat à la présidentielle et n'a donné aucune consignes de vote mais le camp Essebsi affirme que Marzouki a fait le plein des voix islamistes.

La fin du processus de transition démocratique ?

Quelque 5,3 millions d'électeurs sont inscrits sur les listes électorales. Les bureaux de vote ouvrent dimanche. Les Tunisiens de l'étranger votent eux depuis vendredi. Au premier tour, la participation avait frôlé les 65%. Ce scrutin présidentiel est le point d'orgue de la transition entamée début 2011 et doit ouvrir, après la formation du futur gouvernement, un nouveau chapitre de l'histoire tunisienne.

Béji Caïd Essebsi ou Moncef Marzouki ?
Béji Caïd Essebsi ou Moncef Marzouki ? © Radio France
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