Entre le gouvernement tunisien dominé par les islamistes d'El-Nahda et les journalistes, ce n'est pas la lune de miel! C'est plutôt l'heure de la méfiance. Plusieurs nominations à la têtes des médias publics ont été dénoncées par les organisations professionnelles. Les journalistes accusent le nouveau pouvoir de placer ses hommes dans les médias pour mieux les contrôler.

Bouthaina Gouia, journaliste à la radio publique tunisienne, affirme même que les islamistes préparent une liste noire des journalistes à écarter au motif qu'ils ont travaillé pour le régime de Ben Ali. Le problème, c'est que cette purge pourrait aussi englober des journalistes qui ne portent pas les islamistes dans leur coeur et qui veulent exercer leur métier conformément aux idéaux de la révolution de jasmin. Bref, faire taire les voix dissonantes dans une grande lessive!

Bouthaina Gouia, journaliste à la radio publique

Evidemment, cette offensive pour museler les médias, notamment audiovisuels, s'inscrit dans le calendrier politique de la Tunisie post Ben Ali. Le gouvernement tunisien avait jusqu'à la date butoir du 23 octobre pour adopter la nouvelle constitution. Le délai ne sera pas respecté. Et puis, des élections générales se profilent aussi à l'horizon et devraient avoir lieu au printemps 2013. Autant d'étapes qu'Al-Nahda ne veut pas rater... quitte à étouffer la presse!

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