Des soutiens de Béji Caïd Essebsi réunis jeudi à Sfax.
Des soutiens de Béji Caïd Essebsi réunis jeudi à Sfax. © Reuters

La Tunisie organise dimanche sa première élection présidentielle libre de l'après-révolution. Le vétéran de la politique Béji Caïd Essebsi, 88 ans, fait figure de favori, et pourrait réaliser un doublé après la victoire de son parti aux législatives.

Au total, 27 candidats sont en lice pour cette présidentielle, dont le président sortant Moncef Marzouki, ainsi que plusieurs ministres du président déchu Ben Ali. Le parti islamiste Ennahda, au pouvoir de fin 2011 jusqu'à début 2014, n'a pas présenté de candidat. Avec un bilan très critiqué en matière d'économie et de sécurité, Ennahda est arrivé derrière Nidaa Tounès, la formation de Béji Caïd Essebsi, aux législatives d'octobre.

Première présidentielle libre

C'est une étape importante dans l'histoire de la Tunisie : pour la première fois, les citoyens pourront voter librement pour leur chef d'État. De son indépendance en 1956 jusqu'à la révolution de 2011, le pays n'a connu que deux présidents : Habib Bourguiba, le "père de l'indépendance" déposé le 7 novembre 1987 par un coup d'État de son Premier ministre, Ben Ali.

De nombreux Tunisiens votent pour la première fois. Le reportage de Thibault Cavailles dans un bureau de vote à Tunis.

Dans le sillage de la révolution de jasmin, une nouvelle Constitution a été mise sur pied, restreignant les pouvoirs du chef de l'État, l'essentiel de l'exécutif relevant du Premier ministre. Malgré son âge avancé, 88 ans, Béji Caïd Essebsi pourrait revêtir le costume de président à l'issue de cette élection, après avoir axé sa campagne sur "le prestige de l'État", un discours qui a trouvé de l'écho auprès de nombreux Tunisiens exaspérés de l'instabilité qui a suivi le soulèvement populaire de janvier 2011.

Quelle coalition pour le futur gouvernement ?

En attendant, les spéculations vont bon train sur la composition du futur gouvernement et la possibilité d'une alliance, en apparence contre nature, entre Nidaa Tounès et Ennahda. Aucun des deux partis n'a exclu une éventuelle collaboration avec l'autre.

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Béji Caïd Essebsi avait dit qu'il attendrait les résultats de la présidentielle avant d'engager des tractations pour s'assurer une majorité à l'Assemblée. Son parti a remporté 86 sièges, mais il lui en manque 23 pour atteindre la majorité absolue de 109 élus nécessaire pour former un gouvernement.

La Tunisie depuis la chute de Ben Ali
La Tunisie depuis la chute de Ben Ali © Radio France
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