Attaque contre un musée à Bardo, à côté du Parlement tunisien.
Attaque contre un musée à Bardo, à côté du Parlement tunisien. © MOHAMED MESSARA / maxppp

Les deux auteurs de l'attentat du musée du Bardo à Tunis avaient appris à manier les armes en Lybie. Deux jours après l'attaque qui a fait 21 morts, dont trois Français, Bernard Cazeneuve s'est rendu sur place pour témoigner de la solidarité de la France.

"Nous sommes aux côtés de la Tunisie (...) dans la lutte contre le terrorisme parce que nous sommes nous aussi confrontés à ce péril".

48 heures après le choc, le ministre français de l'Intérieur Bernard Cazeneuve, en visite à Tunis, a tenu à rassurer et appeler à ne pas céder à la peur . "Le niveau de menace reste élevé partout en Europe et dans le monde, dans les démocraties où les terroristes veulent frapper et s’en prendre à nos valeurs. C’est la raison pour laquelle, où que nous soyons, (...) nous devons rester debout, déterminés, forts de nous-mêmes, forts de nos valeurs, de manière à ne pas laisser les terroristes atteindre le but qui est le leur, c’est à dire celui de semer l’effroi".

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Dans l'après-midi, le président de la RépubliqueFrançois Hollande a confirmé la mort d'un troisième Français, victime de l'attentat. De leur côté, les autorités tunisiennes ont révélé que Yassine Abidi et Hatem Khachnaoui, les deux assaillants, étaient des "salafistes takfiris". Ils avaient "quitté clandestinement leur pays en décembre dernier pour la Libye", où ils auraient appris à manier des armes dans des camps d'entrainement. Plongée dans le chaos depuis la chute de Mouammar Kadhafi en 2011, la Lybie est devenue un terrrain idéal pour les groupes terroristes selon plusieurs observateurs.

Considérés comme "des éléments suspects" les deux hommes faisaient partie "de ce qu'on appelle les cellules dormantes , formées d'éléments présents dans les villes, connus, (...) dont nous savons qu'ils peuvent mener des opérations" a reconnu un responsable de la sécurité tunisien. Mais "il faut rassembler les indices pour pouvoir mener une arrestation" a-t-il précisé. Depuis l'attaque du Bardo,neuf suspects ont été interpellés .

Plan d'action contre le terrorisme

Revendiqué par le groupe terroriste Daech, cet attentat est le plus meurtrier perpétré en Tunisie depuis plus de dix ans . Il a provoqué une très vive émotion et de multiples appels à l'unité dans le pays. Ils étaient des centaines jeudi à manifester devant le musée du Bardo, certains enveloppés dans le drapeau tunisien.L'envoyé spécial de France Inter, Philippe Randé, était sur place.

Daech a déjà menacé la Tunisie d'autres attaques. En réponse, Béji Caïd Essebsi a adressé un message très ferme au groupe terroriste: "le processus de mise en place du système démocratique est déjà bien en place, bien ancré... Il n'y aura jamais de mouvement retour" a assuré le président tunisien. Mais dans le pays des voix s'élèvent pour réclamer une réaction beaucoup plus forte. A l'image de Maya Jribi, secrétaire générale du Parti Républicain, jointe par Dominique André .

La Tunisie est à tournant extrêmement dangereux (...) cela nécessite de regarder la réalité en face avec beaucoup de détermination (...) cinq mois après les élections, les Tunisiens attendent toujours un plan d'action contre le terrorisme

Les autorités estiment qu'au moins 500 Tunisiens qui ont combattu en Irak, en Syrie ou en Libye dans les rangs d'organisations jihadistes comme l'Etat Islamique, menacent actuellement la sécurité nationale.

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