Six morts en Tunisie
Six morts en Tunisie © Radio France

Alors que les Tunisiens votent dimanche pour les secondes élections libres, une opération de police contre des militants islamistes s'est terminée dans le sang. Bilan : six morts.

Six personnes, dont cinq femmes, ont été tuées lors de cette opération des forces de police dans une maison située dans les faubourgs de Tunis à deux jours des élections législatives. Les forces de sécurité tunisiennes étaient intervenues jeudi et avaient encerclé cette résidence d'Oued Ellil, quartier situé dans l'ouest de la capitale. Une fusillade s'était produite et un policier avait été tué. Des négociateurs de la police avaient alors tenté de nouer un dialogue avec deux activistes retranchés dans la maison en compagnie de plusieurs femmes et enfants.

Un activiste et cinq femmes ont péri lors de l'assaut donné par les forces de l'ordre vendredi et dont les circonstances demeurent peu claires. Selon un porte-parole du ministère tunisien de l'Intérieur, une femme aurait ouvert le feu sur les policiers à l'aide d'un fusil.

Le scrutin se tient dimanche

Violences en Tunisie
Violences en Tunisie © REUTERS/Finbarr O'Reilly (

Du parti islamiste Ennahda aux anciens ministres du dirigeant déchu Zine ben Ali, les figures du passé dominent les élections législatives qui se tiendront dimanche en Tunisie et qui devraient mener à un gouvernement de coalition. Lors de cette seconde élection libre depuis le "Printemps arabe" de 2011, les Tunisiens voteront pour désigner les 217 membres de l'assemblée, qui nommeront ensuite un Premier ministre pour diriger le gouvernement et prendre la suite du cabinet de transition.

Si lors des premières élections la place de l'islam et l'identité tunisienne avaient été au coeur des débats, les questions économiques, notamment celles de l'emploi et du coût de la vie, sont les principaux thèmes de la campagne actuelle.

Alors que la Libye, le Yémen ou la Syrie sont encore le théâtre d'affrontements, en Tunisie, les adversaires politiques se sont réconciliés avec le passé, ont approuvé une nouvelle Constitution et se disent prêts à travailler ensemble. Aucun des principaux partis ne semble d'ailleurs être en position de remporter une majorité claire et la formation d'un gouvernement d'unité nationale apparaît comme le scénario le plus probable. Près de quatre ans après la "Révolution de jasmin", l'Initiative, pourtant fondé après la révolte populaire de 2011, compte dans ses rangs nombre d'anciens piliers de l'administration Ben Ali et de son parti aujourd'hui dissous, le Rassemblement constitutionnel démocratique (RCD).

Vers une coalition ?

De son côté, le parti islamiste Ennahda, dirigé par Rached Ghannouchi qui avait été le grand vainqueur des élections de 2011, remportant environ 40% des sièges et formant ensuite un gouvernement de coalition comprenant deux partis laïcs, se dit également ouvert à une coalition. Le parti islamiste a dirigé le pays jusqu'à la crise politique qui a suivi l'assassinat de deux dirigeants de l'opposition. Accusé de laxisme envers les extrémistes islamistes, il avait fini par accepter de céder le pouvoir à un gouvernement de techniciens.

Après les législatives, se tiendra l'élection présidentielle, prévue le 23 novembre avec si nécessaire un second tour le 28 décembre. Vingt-sept candidatures ont été approuvées pour le premier tour, notamment celle de l'actuel chef de l'Etat Moncef Marzouki et de cinq anciens ministres de Ben Ali. Ennahda n'a pas présenté de candidat.

La Tunisie depuis 2011
La Tunisie depuis 2011 © Radio France
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