C'est une minorité violente qui vient de porter un rude coup à l'image de la Tunisie. L'attaque de l'ambassade des Etats-Unis ainsi que l'incendie qui a ravagé l'école américaine organisés par un noyau dur de salafistes ne doit en aucun cas se reproduire, m'explique le ministre du Tourisme tunisien Elyes Fakhfakh de passage à Paris pour le salon Top Résa.

Ce ministre, membre du parti El-Takatol, prédit "plus de fermeté à l'avenir contre ces militants même s'il ne faut pas tomber dans la facilité répressive. Il faut trouver le bon dosage." Pour le moment, la jeune démocratie tunisienne, dominée par les islamistes d'Al-Nahda, a surtout manié la carotte vis-à-vis des salafistes. Le temps est sans doute venu d'utiliser un peu plus le baton. Il constate que ces groupes ont sans doute confondu "dialogue et faiblesse de l'Etat."

Elyes Fakhfakh reconnaît aussi qu'il y a eu un dysfonctionnement des services de sécurité pour non seulement anticiper mais stopper l'action de ces manifestants surexcités. C'est pourquoi il invite le gouvernement à lancer la bataille contre ceux qui utilisent la violence. Il tient toutefois à faire la différence entre les salafistes pacifiques et quiètistes et les adeptes du jihad qui seraient, selon lui, entre 1 500 et 2 000.

En tout cas, à court terme, c'est une mauvaise nouvelle pour le tourisme qui commençait tout juste à redresser la tête : + 35% depuis le début de l'année, c'est-à-dire déjà 4 millions de visiteurs, dont 700 000 Français. Ce ne sont pas encore les niveaux d'avant la révolution, mais la tendance est encourageante. Il ne faudrait pas que de nouvelles violences plombent durablement le secteur.

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