Quatre semaines après le putsch raté, les purges au sein de l'administration publique se poursuivent. C'est notamment le cas au sein de la diplomatie

La foule écoute enthousiaste un nouveau discours de Recep Tayyip Erdogan place Taksim à Istanbul
La foule écoute enthousiaste un nouveau discours de Recep Tayyip Erdogan place Taksim à Istanbul © Reuters / Osman Orsal

Avec plus de 35.000 gardes à vue au total jusqu'ici, les grandes purges continuent en Turquie après le coup d'état raté du 15 juillet. Le pouvoir continue de mener une traque implacable contre les sympathisants, rééls ou supposés, du prédicateur Fethullah Gülen, accusé par Ankara d'avoir organisé le putsch avortéVendredi Ankara a annoncé que 32 diplomates, rappelés en Turquie après la tentative de putsch, ont préféré ne pas rentrer au pays, et manquent toujours à l'appel.

La Turquie a déjà licencié une centaine de fonctionnaires des Affaires étrangères, notamment deux ambassadeurs dont l'ancien ambassadeur turc au Canada. Et ce n'est qu'un début, avait mis en garde la semaine dernière le chef de la diplomatie qui a annoncé que d'autres ambassadeurs pourraient être dans le viseur du pouvoir.

C'est peut-être la raison pour laquelle certains diplomates ont préféré prendre le large. Selon le ministre Mevlüt Cavusolgu, plus de 200 employés en poste à l'étranger ont été rappelé à Ankara, et parmi ceux-ci 32 ne se seraient pas manifestés.

Au sein de la mission diplomatique turque au Bangladesh par exemple, deux diplomates auraient fait défection aux Etats-Unis. En plus de ces diplomates, au moins deux attachés militaires de l'ambassade turque d'Athènes ont fui en ferry en direction de l'Italie. Nous allons rapidement retracer tous ces fugitifs, a assuré le ministre des Affaires étrangères.

La purge massive qui a succédé le coup d'Etat raté et semble ne jamais s'arrêter, a déjà touché l'armée, la santé, la justice, la magistrature, la presse, les milieux économiques et sportifs en Turquie.

La Turquie a émis un mandat d'arrêt contre l'ex-star du football Hakan Sükür  installé depuis un an en Californie. Auteur d'un but mythique en Coupe du monde et plus grand buteur de tous les temps en Turquie, Hakan Sükür, une star dans son pays, est désormais visé par un mandat d'arrêt pour ses liens avec Gülen. L'ancien attaquant international a été accusé "d'être membre d'un groupe terroriste armé". Son père, Selmt Sükür, a été arrêté.

La Turquie demande d'ailleurs l'extradition de Fethullah Gülen. Le ministre de la Justice turc, Bekir Bozdag a averti Washington que l'anti-américanisme en Turquie "atteignait un sommet" et menaçait de se transformer en "haine", si "le terroriste" Gülen n'était pas extradé.

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