La campagne des municipales en Turquie
La campagne des municipales en Turquie © REUTERS/Murad Sezer

Le taux de participation est en hausse pour ces élections municipales qui ont pris des allures de référendum pro ou contre Recep Tayyip Erdogan.

Contesté, menacé par les scandales à répétition qui touchent son entourage, le chef du gouvernement à la tête du pays depuis douze ans, Erdogan, qui en est à son troisième et dernier mandat de Premier ministre, pourrait briguer en août la présidence de la République, disputée pour la première fois au suffrage universel direct. Mais pour ca, il faut un très bon résultat aux municipales, ce qui parait de plus en plus difficile. Un score plus serré l'inclinerait plutôt à prolonger son mandat à la tête du gouvernement lors des législatives de 2015, au prix d'une modification des statuts de l'AKP. Mais Erdogan lui même a promis qu'il se retiretait de la vie politique si l'AKP ne sortait pas en tête de ces élections.

Mes derniers bureaux de vote ont fermé leurs portes à 17h00 heure de Paris mais les premiers résultats partiels significatifs ne sont pas prévus avant la soirée. La participation, souvent supérieure à 80% en Turquie, s'annonce encore très élevée.

Après douze ans de règne sans partage à la tête du pays, le chef du gouvernement est devenu son personnage le plus controversé: acclamé par ses partisans comme l'artisan de l'impressionnant développement économique turc mais dénoncé par ceux qui lui reprochent sa dérive islamiste et autoritaire. Erdogan a connu un premier coup de semonce en juin 2013, lorsque des millions de Turcs ont exigé sa démission dans la rue. Toute l’année aura été placée sous le signe de la contestation dans les rues, cristallisée autour de la place Taksim d'Istanbul.

Depuis plus de trois mois, Le chef du gouvernement est à nouveau sérieusement mis à mal par de graves accusations de corruption qui éclaboussent tout son entourage. Des scandales à répétition qui agitent le gouvernement et dont le dernier en date a vu apparaître sur Youtube la discussion des principaux responsables de l’armée, du ministère des affaires étrangères et des services secrets qui débattent d'une possible action militaire en Syrie.

La fébrilité est telle que le gouvernement a cru bon de bloquer les réseaux sociaux Twitter et Youtube, officiellement pour des raisons de sécurité nationale et de menace de complot.

Et le "risque de complot" et la victimisation sont devenus les deux axes de la campagne de l’ancien maire d'Istanbul qui –s'il peut avoir perdu les grandes villes- peut toujours compter sur le soutien de beaucoup de Turcs et notamment des habitants de l'Anatolie pieuse et modeste.

A Istambul, la correspondance de Jérôme Bastion

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