Recep Tayyip Erdogan à quelques jours des élections
Recep Tayyip Erdogan à quelques jours des élections © Burhan Ozbilici/AP/SIPA

Grâce aux législatives anticipées qu'il a convoquées, le président turc espère récupérer la majorité absolue perdue au mois de juin. Un scrutin qui se déroulera alors que les pressions sur l'opposition se multiplient après un raid policier sur deux chaînes de télévision et l'interdiction de parution de deux quotidiens.

En rappelant les électeurs aux urnes le 1er novembre, le président turc Recep Tayyip Erdogan espère reconquérir le pouvoir total qu'il exerçait sur le pays . Mais les sondages publiés à la veille des législatives anticipées de dimanche sont unanimes. Malgré les tensions suscitées par le double attentat suicide d'Ankara et la reprise du conflit kurde, les Turcs devraient répéter leur verdict de juin, qui avait vu l'AKP d'Erdogan perdre la majorité absolue et certains redoutent que le pays ne se retrouve au soir du 1er novembre dans la même situation bloquée et tendue que le 7 juin.

Pourtant la personnalité du président turc divise toujours profondément la société, Bertrand Gallicher

Erdogan veut toujours mettre en place une superprésidence

Le chef de l'Etat n'a donné aucun signe d'apaisement à ceux qui lui reprochent sa dérive autoritaire. il expliquait récemment :

J'ai été Premier ministre pendant onze ans et demi. Il y a des projets qui sont encore en chantier. Nous avons le devoir de les suivre.

Les tensions entre les médias et les autorités, déjà fortes, ont été exacerbées ces dernières semaines par la reprise du conflit kurde et les législatives du 1er novembre.

Des éléments qui vont peser dans le scrutin, tout comme les incertitudes économiques.

Arzu Morin est correspondante à Paris de la télévision CNN-Turk

Et le raid spectaculaire lancé mercredi par la police contre deux télévisions proches de l'opposition et la non parution jeudi de deux quotidiens proches de l'opposition ne sont pas de nature à rassurer le pays. Le quartier général stambouliote du quotidien Hürriyet a été la cible le mois dernier de deux attaques de manifestants qui chantaient des slogans favorables au chef de l'Etat. Et l'un de ses chroniqueurs vedettes, Ahmet Hakan, a été passé à tabac devant son domicile , peu de temps après avoir été menacé d'être "écrasé comme un insecte" par un éditorialiste du quotidien Star, proche du régime.

Bertrand Gallicher a rencontré les journaliste de la chaine samanyolu tv qui crainent également une fermeture ou d'être emprisonnés

La Turquie pointe à la 149e place, sur 180, au classement mondial de la liberté de la presse établi le mois dernier par l'ONG Reporters sans frontières, derrière la Birmanie (144e) et juste devant la Russie (152e).

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