Remaniement en Turquie
Remaniement en Turquie © REUTERS/Umit Bektas / REUTERS/Umit Bektas

Ca ne suffira pas forcément à calmer le mécontentement grandissant car les enquêtes pour corruption des fils de trois de ses ministres sont en cours. Erdogan lâche ses ministres et espère échapper au vaste scandale de corruption.

Il aura fallu attendre que trois ministres soient poussés à la démission pour voir Tayyip Erdogan concéder le changement de dix membres de son cabinet. Et encore à la mi-journée, il défendait toujours le bilan de son parti de la Justice et du Développement, au pouvoir depuis 11 ans :

Nous avançons avec un casier judiciaire blanc comme le lait, pas entaché par la moindre trace de boue ni tâche noire, qui serait facilement repérable. Et si cela devait être le cas, nous ferions immédiatement le nécessaire.

Les tractations ont manifestement été compliquées, le Président de la République contestant une première liste remaniant trop légèrement le gouvernement, et conservant des noms entourés d’une mauvaise réputation. C’est donc en toute fin de soirée que Tayyip Erdogan a présenté les entrants de sa nouvelle équipe :

De cette manière, une nouvelle période s’ouvre dans dix ministères. Et je souhaite au Conseil des ministres, à notre pays, à notre peuple que ce changement s’avère bénéfique.

Mais les soucis du Premier ministre ne sont pas finis pour autant, puisque le même jour était lancée une nouvelle enquête pour corruption visant des dizaines de bureaucrates et de proches du gouvernement.

Les principaux changements

Les ministres de l'Intérieur, de l'Economie et de l'Environnement avaient démissionné dans la journée après l'arrestation chacun de leur fils dans une affaire qui tourne à l'épreuve de force entre le chef du gouvernement et la justice.

Parmi les ministres remplacés figure celui des Affaires européennes, Egemen Bagis, dont le nom a été mentionné dans le dossier de corruption présumée, mais qui n'avait pas démissionné.

Immédiatement après l'annonce de sa démission, Erdogan Bayraktar, ministre de l'Environnement, a conseillé à Recep Tayyip Erdogan de quitter lui aussi ses fonctions, ce qui marque une contestation inédite du Premier ministre dans son propre camp.

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