Manifestation contre le muselage des médias par le pouvoir
Manifestation contre le muselage des médias par le pouvoir © MaxPPP

La campagne électorale s'achève samedi en Turquie à la veille de législatives qui ne devraient pas permettre au très contesté régime islamo-conservateur de reprendre son règne sans partage à la tête d'un pays déchiré par les violences et les tensions.

La fin de campagne est morne mais la tension palpable à la veille des législatives décidées par le président Erdogan quatre mois après celles du printemps dernier, avec à la clé un nouveau risque d’échec pour le pouvoir dans une situation instable. Pour le président turc, le pari est risqué : le camouflet subi en juin dernier par l’AKP a paradoxalement renforcé son obstination à cumuler tous les pouvoirs. Désavoué une première fois par les électeurs dans son exigence d’obtenir une majorité absolue pour mettre en place un régime présidentiel, Recep Tayip Erdogan s’affiche comme un rempart contre le chaos qui menace.

Une vague de répression sans précédent contre la presse

Depuis le printemps, la situation sécuritaire en Turquie s’est encore dégradée avec l’attentat à Ankara, attribué à l’organisation Etat islamique. C’est d’ailleurs sans compter la reprise en juillet des opérations militaires contre les Kurdes dans le sud-est du pays. Politiquement, la fracture est de plus en plus nette entre partisans et adversaires d’un président qui refuse d’admettre le déclin de son influence. D’où la vague de répression sans précédent contre la presse indépendante.

Corruption endémique

Le parti pro-kurde HDP comme les sociaux-démocrates laïques du CHP dénoncent par ailleurs une instrumentalisation de la religion par le pouvoir à des fins électorales. La lutte contre une corruption endémique est un autre cheval de bataille de l’opposition qui peine pourtant à offrir aux électeurs une alternative.

Eviter à tout prix la fraude

Les états-majors des principaux partis ont annoncé la mobilisation de centaines de milliers de leurs militants pour éviter toute fraude. La police turque a par ailleurs renforcé samedi la protection autour du siège du journal d'opposition Cumhuriyet à Istanbul en raison de menaces d'attentat jihadiste, trois semaines après l'attaque d'Ankara.

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