Manifestatants place Taksim, dans le centre d'Istamboul, le 3 juin
Manifestatants place Taksim, dans le centre d'Istamboul, le 3 juin © REUTERS/Stoyan Nenov

Quatrième jour de mobilisation en Turquie hier. Des milliers de personnes ont occupé encore hier soir la place Taksim à Istanbul pour réclamer le départ de Recep Tayyip Erdogan, le Premier ministre.

Dans le sud du pays, un jeune homme de 22 ans est décédé hier à l'hôpital après avoir été atteint par balle pendant une manifestation.

__

Ecoutez l'analyse de Didier Billion, directeur adjoint de l'IRIS et spécialiste de la Turquie

A Ankara, la capitale, les forces de l'ordre ont fait usage de grenades lacrymogènes pour disperser un millier de protestataires, des jeunes en majorité, qui marchaient vers les policiers au cri de "Tayyip, démission"

Le mouvement de contestation, parmi les plus importants de ces trente dernières années en Turquie, est né de la colère provoquée par un projet de rénovation immobilière place Taksim.

Au fil des jours, il a pris une tournure politique, reflétant le rejet par une partie des Turcs de ce qu'ils perçoivent comme une dérive autoritaire du Premier ministre et l'islamisation rampante des institutions d'une République officiellement laïque.

A Istanbul, le reportage de Sébastien Laugénie place Taksim

href="http://www.franceinter.fr/#"> ![Lecture](http://www.franceinter.fr/sites/all/themes/fi_player_theme/img/spacer.png) ### Erdogan semble ne plus faire l'unanimité dans son propre camp Le Premier ministre turc a accusé hier les manifestants descendus dans la rue un peu partout daans le pays de faire le jeu de ceux qui marchent "main dans la main avec les terroristes" et depuis Rabat, au Maroc, il a prévu un retour calme d'ici deux jours et son retour en Turquie. _L'analyse de Sébastien Laugénie_
### Ce matin, le vice-Premier ministre turc a présenté ses excuses aux manifestants blessés Pour tenter d'éteindre le nouvel incendie allumé par Erdogan, le vice-Premier ministre turc Bülent Arinç a présenté ses excuses, ce matin, aux très nombreux manifestants blessés, lors d'une conférence de presse à l'issue d'un entretien avec le président Abdullah Gül. Bülent Arinç a invité les Turcs à mettre immédiatement fin aux manifestations et a affirmé que le gouvernement turc avait "tiré la leçon" des événements des derniers jours. _Sébastien Laugénie_
Pour Jenguiz Aktar, politologue, professeur à l'université Bahçesehir (Istanbul), il n'y a qu'un patron en Turquie, c'est le Premier ministre, et tous les signaux envoyés par le vice-Premier ministre n'y feront rien. _Jenguiz Aktar répond à Claire Servajean._
> ### Avant l'arrivée au pouvoir d'Erdogan, le voile était interdit dans les écoles Mourat est un fonctionnaire franco-turc de 33 ans. Pour lui la protestation est clairement dirigée contre un homme, le Premier ministre Erdogan qui est en train de "ré-islamiser" le pays.
Mots-clés :
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.